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Accès à l’eau potable: Le gouvernement mise sur le projet Poza

Longtemps cantonné aux circuits associatifs, le projet présenté hier au public a fini par séduire les hautes sphères de l’État, obtenant une lettre de confort du Premier ministre et l’appui du président de l’Assemblée nationale. Reste à transformer cette dynamique politique en chantier concret sur le terrain.

Alors que l’accès à l’eau potable demeure l’un des défis structurels les plus persistants du Cameroun, un projet attire désormais l’attention des acteurs du développement : Poza. Soutenue par plusieurs administrations et désormais convoitée par un bailleur de fonds basé aux Émirats arabes unis, l’initiative portée par l’Ong Orlucceja, présentée le 19 novembre 2025 à Yaoundé, ambitionne de transformer durablement le quotidien de centaines de milliers de personnes dans les zones les plus vulnérables du pays. L’ambition est claire pour la première phrase : ériger plus de 3 200 forages et 3 000 latrines dans l’Est, l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord, là où la rareté de l’eau propre se conjugue trop souvent avec crises sanitaires, insécurité alimentaire et pauvreté chronique. Selon Édouard Yiguim Yiguim, coordonnateur général de l’Ong Orlucceja, Poza naît d’un constat que la pandémie de Covid-19 n’a fait que raviver : la santé publique commence par l’accès à l’eau. Et alors que les États se sont engagés à respecter les Objectifs de développement durable, notamment ceux consacrés à la santé et à l’assainissement, le Cameroun doit désormais transformer ses promesses internationales en politiques concrètes. C’est dans ce contexte qu’Orlucceja s’est positionnée, avec un discours qui tranche avec les approches trop centralisées du passé : intégrer les communautés à toutes les étapes, responsabiliser les collectivités territoriales et miser sur la participation locale pour garantir la pérennité des infrastructures.

Finaliser le volet administratif

En effet, le projet a franchi un cap déterminant en avril 2025. Au cours d’une séance de travail organisée à la Primature, l’Ong a exposé l’état d’avancement de ses activités devant plusieurs membres du gouvernement ainsi que le président des Communes et villes unies du Cameroun. À l’issue de ces échanges, l’État a délivré une « lettre de confort », un document rare et stratégique dans l’administration camerounaise, qui officialise l’accompagnement institutionnel accordé à l’initiative. En coulisses, cette accélération doit beaucoup à l’intervention discrète mais décisive de l’Hon. Cavayé Yeguié Djibril, président de l’Assemblée nationale. A en croire le Coordonnateur général de l’Ong, son implication aurait permis de lever des blocages administratifs persistants et d’accélérer la validation du dossier. Portée par ce soutien politique, l’équipe d’Orlucceja s’envole quelques jours plus tard pour les Émirats arabes unis. Objectif : convaincre Mamofa, un bailleur encore peu connu du grand public mais très actif dans le financement d’infrastructures communautaires en Afrique.

D’après des sources proches des discussions, les échanges ont été jugés « encourageants » et pourraient déboucher sur un accord financier complet, sous réserve que l’Ong fournisse les derniers documents techniques exigés par le ministère de l’Économie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat). Le reste dépend désormais de la capacité de l’administration camerounaise à maintenir l’élan. Le Minepat doit encore finaliser plusieurs volets administratifs et procéder à la mise à jour du fichier des prestataires. La validation du comité de pilotage, réunissant l’État et l’Ong, apparaît également comme une étape clé avant toute communication officielle sur le lancement effectif du projet.

Axel ABANDA

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