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Affaire des lampadaires solaires: Les éclairages des Communes et villes unies du Cameroun

Face aux polémiques sur le projet des 21 500 lampadaires solaires, le président national des Communes et villes unies du Cameroun (Cvuc) a livré, le 3 février 2026 à Yaoundé, une mise au point détaillée sur la genèse, les enjeux économiques, climatiques et sociaux d’un programme appelé à transformer durablement les territoires communaux.

Le projet Lumcam prend officiellement forme en 2022, à la faveur du vaste chantier de marketing territorial engagé par les Communes et villes unies du Cameroun (Cvuc) dans le cadre des Journées économiques internationales des communes (Jeicom). Cette dynamique vise à faire des collectivités territoriales décentralisées des moteurs du développement local, conformément à la loi portant Code général des Collectivités territoriale décentralisées (Ctd) promulguée le 24 décembre 2019. Présent aux Jeicom 2023 à Yaoundé, l’entreprise française Sunna Design, spécialisée dans l’intelligence solaire, propose alors un partenariat structurant pour répondre à la problématique de l’éclairage public dans les communes camerounaises. Les échanges techniques aboutissent à la signature d’un protocole d’accord entre Sunna Design et les Cvuc, puis à une convention en novembre 2023 pour la mise en œuvre du projet Lumcam, dont la première phase porte sur la fourniture et l’installation de 21 500 lampadaires solaires autonomes dans les 360 communes du pays.

La cérémonie se tient à Yaoundé sous la présidence du ministre de la Décentralisation et du Développement local, en présence de plusieurs membres du gouvernement, de représentants diplomatiques et de magistrats municipaux. Une délégation des Cvuc est ensuite conduite dans les installations de Sunna Design à Bordeaux afin d’évaluer la capacité industrielle de l’entreprise et d’arrêter un agenda structuré en deux phases, incluant une offre financière jugée soutenable pour les collectivités. Réuni avec la presse le mardi 3 février 2026 au siège national des Cvuc à Yaoundé, le président national, Augustin Tambba, a voulu « faire toute la lumière sur un projet victime de campagnes de désinformation ». Selon lui, « le projet Lumcam est né d’une convention entre les Cvuc et l’entreprise Sunna Design. Il adresse directement la problématique de l’éclairage public et sécuritaire dans nos communes ».

Le responsable municipal rappelle que le projet a franchi toutes les étapes de maturation institutionnelle. Il a été examiné par le Comité national de la dette et validé à l’issue de plusieurs concertations interministérielles impliquant notamment le Minddevel, le Minfi, le Minee, le Minhdu et le Minmap. La maîtrise d’ouvrage a finalement été confiée au ministère de l’Habitat et du développement urbain (Minhdu), après l’autorisation formelle du chef de l’État de recourir à la procédure de gré à gré. « Il s’agit d’un projet de type financement réalisation. L’entreprise apporte entièrement le financement et exécute les travaux avec une garantie de six ans. C’est ce qui justifie la procédure retenue », a précisé Augustin Tamba, dénonçant un débat public animé par « des personnes qui ne connaissent rien de la genèse de ce projet ».

Lumcam s’inscrit dans la lutte contre les changements climatiques

Au-delà de l’éclairage urbain, Lumcam s’inscrit dans la lutte contre les changements climatiques et la transition énergétique. L’installation de lampadaires solaires autonomes contribue à réduire les émissions de carbone, à renforcer la sécurité nocturne et à limiter la dépendance aux réseaux électriques classiques. La première phase prévoit la formation de 800 personnels communaux pour assurer le transfert de compétences et la maintenance des équipements, ainsi que la création de 1.800 emplois indirects. La deuxième phase va plus loin avec l’installation d’une usine de montage au Cameroun, générant environ 2.000 emplois directs et 3.000 emplois indirects, principalement au profit des jeunes. « Le Cameroun deviendra à coup sûr la plaque tournante de l’approvisionnement en lampadaires solaires dans la sous-région et même au-delà », a affirmé le président des Cvuc. Cette orientation rejoint les objectifs d’import substitution, la Stratégie nationale de développement 2030 et les Objectifs de développement durable, notamment en matière d’énergie propre, d’emplois décents et de résilience climatique.

Les Cvuc mettent également en avant les enjeux sécuritaires du projet. L’éclairage public est un facteur reconnu de réduction de la criminalité dans les quartiers, les marchés et les axes routiers. Les lampadaires proposés respectent les normes de l’Union européenne avec une hauteur comprise entre six et sept mètres, une durée de vie estimée entre vingt et vingt-cinq ans et une garantie de six ans. Concernant la polémique sur les coûts, notamment la comparaison avec le Togo, Augustin Tambba se veut catégorique. « Nous disposons d’une documentation consultable par tous au siège des Cvuc. Les prix du Cameroun et du Togo sont les mêmes. On cherche volontairement à semer la confusion », déplore-t-il.  Il précise que le prix unitaire est identique sur l’ensemble du territoire national, sans tenir compte des difficultés d’accès dans certaines zones enclavées. Sunna Design, déjà active au Togo et en Côte d’Ivoire, est présentée comme une entreprise crédible, ouverte au transfert de technologie avec des partenaires camerounais. « Il s’agit de produits de gamme supérieure. Dans le marché national, personne n’a vendu des lampadaires plus chers que ceux-ci », insiste le président des Cvuc.

 Michel NONGA

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