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Affaire Martinez Zogo: L’officier de police a perçu 15.000 Fcfa pour fournir la fiche technique

Étonnement et indignation ont marqué l’audience du 6 janvier 2026 lorsque l’on a appris que l’officier de police de deuxième grade, Heudji Serges, avait reçu 15 000 Fcfa pour établir la fiche technique du contact du défunt animateur radio.

La révélation a suscité une onde de choc au Tribunal militaire. Comment un officier de police de deuxième grade, Heudji Serges, en service à la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre), a-t-il pu percevoir 15.000 Fcfa pour fournir une fiche technique qui aurait servi à localiser et suivre le journaliste Martinez Zogo avant son enlèvement et son assassinat ? Lors de son audition le 6 janvier 2026, Emmanuella Moudié, ex-cheffe de la Division de la surveillance électronique (Dse) , a dénoncé avec force cette pratique qui, selon elle, « viole gravement les règles internes » et ternit l’image de la police camerounaise déjà fragilisée par des accusations de racket routier et de contrôles abusifs. Emmanuella Moudié a rappelé que l’élaboration d’une fiche technique et la localisation exigeait une autorisation du Directeur général de la Dgre  « Mes deux collaborateurs n’avaient pas des attributs pour le faire et ils ne pouvaient pas solliciter d’autres collaborateurs pour le faire », a-t-elle précisé.

Pourtant, Heudji Serges, en complicité avec Saiwang Yves, aurait fourni la fiche technique et la géolocalisation de Martinez Zogo, recevant pour cette tâche 15.000 Fcfa dans une enveloppe, directement dans la cour de la Dgre. L’ex-cheffe de la Dse a insisté sur le fait que si l’agent l’avait informée de cette transaction, « j’aurais pris des dispositions lorsqu’on sait qu’il ne fait rien pour rien ». La question de la moralité de Heudji Serges a envenimé l’audience lorsque celui-ci a tenté de contester les propos de sa supérieure. Elle a répondu avec fermeté,  « il veut me parler de moralité ? Lui qui a reçu 15.000 Fcfa de Justin Danwé pour produire une fiche technique ! ». Ces accusations ont mis en vitrine les pratiques douteuses au sein d’un corps de police dont la crédibilité est déjà régulièrement mise à l’épreuve.

Les implications de la fiche technique

Selon les explications de l’ex-cheffe de la Dse, la fiche technique n’est pas un simple document administratif. Elle permet de suivre les habitudes de vie et de recueillir des informations sur la personne ciblée. « On peut faire un suivi sans localisation, mais pour la fiche technique, on peut faire des localisations pour avoir les habitudes de vie et recueillir des informations sur la personne », a-t-elle précisé. La transmission non autorisée de ce document par Heudji Serges aurait ainsi constitué un élément facilitant la préparation de la « mission » ayant conduit à l’assassinat de Martinez Zogo.

L’affaire met en lumière les dysfonctionnements dans la chaîne hiérarchique et le contrôle des informations sensibles. Rappelons que la prochaine audience, prévue les 26 et 27 janvier 2026, devrait permettre de poursuivre l’audition des témoins du ministère public. L’image de l’officier de police de deuxième grade, Heudji Serges, désormais associé à une transaction scandaleuse de 15.000 Fcfa pour une fiche technique sensible, risque de rester gravée dans les esprits comme un symbole des dérives internes qui minent la crédibilité de la police camerounaise.

Franck ESSOMBA

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