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Affaire Socapalm: Le cri de détresse des populations entendu par le Minat…

Des émissaires du ministre de l’Administration territoriale (Minat) envoyés à Apouh à Ngoh pour enquêter sur les « exactions » subies par les populations riveraines de la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm) dans l’arrondissement d’Edea 1er dans la Sanaga Maritime.

Tout est bien qui finit bien ! Cet adage bien connu a trouvé tout son sens au sortir du huis clos qui a finalement rassemblé dans un hôtel de la ville d’Edéa, les émissaires du ministre de l’Administration territoriale (Minat) et les populations riveraines de la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm) dans l’arrondissement d’Edea 1er dans la Sanaga Maritime, région du Littoral. « Au départ, nous étions scandalisés. Parce qu’on dit chez nous que les affaires de terre se résolvent sur le terrain. Nous avons donc attendu cette commission qui est venue du Minat. Malheureusement, elle n’est pas arrivée à Apouh », se désole Bernard Yomba, riverain du village Apouh à Ngoh. Comme convenu selon les informations reçues du Minat, des représentants des populations des villages concernées se sont retrouvés à la chefferie du village Apouh à Ngoh, le vendredi 30 janvier 2026, pour recevoir lesdits émissaires. Soit une semaine après que leur manifestation pacifique ait été étouffée par des employés de la Socapalm, (Cf. Le Messager 8687 du mardi 27 janvier 2026).

Seulement, après plus de deux heures d’attente, ils comprennent que ces derniers ne viendront pas. Mal informés, ils ont eu peur pour leur sécurité. « On leur a fait peur en leur faisant croire on pouvait les agresser à Apouh, … », renseigne Bernard Yomba. Commence alors une médiation pour délocaliser le site de la rencontre. Finalement, les populations réticentes elles aussi au départ, finissent par accepter de se déporter dans un lieu neutre choisi par consensus. Les deux parties se retrouvent donc à Edéa dans un hôtel de la place. « Ils nous ont dit qu’ils venaient enquêter. Parce qu’au vu des plaintes et des déclarations qui arrivent de part et d’autre, ils ont voulu prendre les avis des uns et des autres. Ils ont pris l’avis du préfet de la Sanaga Maritime. Ils voulaient maintenant prendre les avis des populations riveraines de la Socapalm. C’est après avoir pris toutes ces déclarations qu’ils sauront faire leur rapport pour envoyer à qui de droit », rapporte Marie-Claire Mikangue du village Dehané.

Vers une sortie de crise…

A l’instar des autres participants, la dame se dit satisfaite des échanges. « Les travaux se sont très bien déroulés. Ces enfants ont prêté une oreille attentive à nos supplications, à notre détresse. Ils nous ont édifiés, ils nous ont donné des conseils, des voies à suivre. Au départ, nous avons failli être irrité, parce que là où nous les attendions au village, ils ont refusé d’arriver parce qu’ils se sont dit qu’ils n’étaient pas en sécurité. Mais lorsqu’ils ont échangé avec nous, ils ont compris que c’était une erreur de ne pas arriver là où nous les attendions. Mais qu’à cela ne tienne, les travaux se sont très bien déroulés », résume-t-elle. Pour le Révérend Marius Dikelel, fils du village Apouh, c’était : « …Une réunion de plus mais qui n’était pas de trop. Parce que cette fois-ci, nous avons eu en face de nous des jeunes frères qui semblaient comprendre le problème. Ils sont venus avec une autre idée. Mais juste après avoir consulté certains documents et écouter les populations, ils se sont rendus compte de la gravité de ce problème ».

Les yeux désormais fixés sur l’avenir, Marie Claire Mikangue et compagnie espèrent : « Nous leur avons expliqué et ils étaient abattus de comprendre notre cri de détresse. Parce que nous sommes vraiment en détresse. […]. Nous leur avons dit que nous espérons qu’il y aura une suite. Nous ne voulons pas qu’après avoir pris nos déclarations, qu’ils les mettent dans des tiroirs. Il faudrait que ces déclarations arrivent devant leur hiérarchie qui les a envoyées enquêter ici. Il faut que nous ayons des résolutions de la fin des travaux ». De leur côté, les émissaires du Minat n’ont pas souhaité s’exprimer face à la presse.

Nadège Christelle BOWA

De retour d’Apouh par Edea

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