
L’élite du judo africain s’est retrouvée à Abidjan pour l’African Open 2025. Avec seulement sept athlètes engagés, le Cameroun a signé une démonstration d’autorité absolue, décrochant six médailles et la première place au classement général. Une performance largement construite par ses judokates, désormais incontestablement au sommet du continent.
La dynamique victorieuse de la Team Cameroon de Judo ne faiblit pas. Après avoir imposé son kumikata à Abidjan, les Lions indomptables du tatami ont confirmé leur statut lors de l’African Open 2025 en Côte d’Ivoire, bouclé le 30 novembre, en signant l’une des prestations les plus autoritaires de leur histoire récente. Engagée avec seulement sept athlètes, la délégation camerounaise a fait mieux que rivaliser : elle a dominé. Avec six médailles, dont trois d’or et trois d’argent, elle termine en tête du classement général devant l’Algérie et la Tunisie. Un leadership forgé par une gestion tactique impeccable, un engagement constant et une maîtrise technique qui font désormais du Cameroun une nation incontournable sur le continent.
Le règne sans partage des Lionnes du judo
Le succès camerounais à Abidjan porte essentiellement un nom : celui de ses judokates. Le contingent féminin a été impérial, aussi bien debout qu’au sol, redoutable en ne-waza et sûr dans la gestion des phases de shido. Sur les six podiums nationaux, cinq sont féminins, prouvant la maturité et la profondeur de cette génération d’exception. Fiona Nsame Mbongo, en moins de 57 kg, a été explosive avec ses seoi-nage et implacable dans ses enchaînements. Adjoans Nguele Gratiana, en moins de 63 kg, a démontré des qualités de stratège hors pair, impeccable dans la gestion du golden score. Yoanne Jessie Ngae, en moins de 81 kg, a quant à elle imposé une puissance maîtrisée, remportant sa finale sur un ippon franc. Cette razzia dorée a été complétée par les médailles d’argent de Laetitia Dikoum Minyem en moins de 70 kg et d’Esther Mbezele Atangana en plus de 78 kg, venant parachever une démonstration collective écrasante.
Yves Loïc Logo, l’homme d’argent
Dans ce collectif largement porté par les dames, un judoka s’est frayé un chemin jusqu’au sommet. Yves Loïc Logo, en moins de 90 kg, est venu offrir au Cameroun sa troisième médaille d’argent. Combatif et précis dans ses uchi-mata et osoto-gari, il a résisté jusqu’au bout face à une catégorie de poids historiquement dominée par les nations d’Afrique du Nord. Sa performance, aussi décisive que symbolique, rappelle que la force camerounaise, bien que majoritairement féminine sur ce rendez-vous, peut également compter sur des éléments masculins de très haut niveau capables de se mêler aux meilleurs.
Une relève remarquable
L’événement a également mis en lumière la vitalité du judo africain chez les plus jeunes. Chez les juniors, la Côte d’Ivoire s’est imposée à domicile, suivie du Sénégal, tandis que le Cameroun partageait la troisième marche du podium avec la Tunisie, confirmant la montée en puissance de sa pépinière. Chez les cadets, c’est le Niger qui a pris la tête, suivi du Maroc puis de la Côte d’Ivoire, dans un tableau au niveau technique particulièrement relevé. Cet African Open 2025 a connu un moment fort avec la remise des trophées par le parrain de l’événement, M. Soro Tiotioho, Directeur Général de la Société Ivoirienne de Raffinage. En offrant ces récompenses aux meilleures délégations, il a réaffirmé l’engagement du secteur économique en faveur de l’excellence sportive et du rayonnement des talents africains, un geste salué par l’ensemble de la communauté du judo présent à Abidjan.
Moustapha BACHIROU



