
Portés par la dynamique d’une belle troisième place en 2023, les Bafana Bafana arrivent au Maroc avec une ambition claire : rejouer les premiers rôles sur la scène africaine. Cette renaissance s’inscrit dans la droite lignée des performances qui ont redonné du prestige à l’équipe depuis son retour parmi les puissances du continent.
Championne d’Afrique en 1996, dans un contexte de transformation nationale après la fin de l’apartheid, l’Afrique du Sud reste un symbole fort du football africain — un titre acquis peu après leur retour dans le giron international et qui a marqué durablement l’histoire sportive du pays. Sous la direction d’Hugo Broos — vainqueur de la Can 2017 avec le Cameroun — l’équipe a trouvé une stabilité tactique et mentale qui lui faisait parfois défaut auparavant. Le sélectionneur belge mise sur une ossature solide et expérimentée, largement issue du championnat local mais aussi enrichie par des joueurs professionnels évoluant en Europe. Parmi eux, Lyle Foster (Burnley) incarne la nouvelle génération offensive capable de faire la différence dans les grands rendez-vous. La charnière défensive, rigoureuse, s’appuie sur l’expérience de cadres reconnus et sur la créativité des milieux qui relient les lignes avec fluidité.
L’un des piliers de ce collectif est le gardien Ronwen Williams, élu meilleur gardien africain 2024, dont les arrêts décisifs ont souvent permis d’éviter des désillusions. Cette confiance retrouvée se traduit aussi par une montée en puissance dans les compétitions régionales : lors du Cosafa Cup 2025 organisé en Afrique du Sud, les Bafana ont atteint la finale, confirmant leur progression et la profondeur de leur effectif. Pour ce tournoi, la phase de groupes ne sera pas de tout repos. L’Afrique du Sud débutera contre l’Angola le 22 décembre à Marrakech, avant d’affronter l’Égypte, septuple championne d’Afrique, dans un choc prévu le 26 décembre à Agadir — un duel chargé d’histoire et d’enjeux où les Sud-Africains espèrent démontrer qu’ils peuvent rivaliser avec les toutes meilleures équipes du continent.
Ce parcours est d’autant plus stratégique qu’il intervient dans une période charnière : la Can 2025 est la dernière grande compétition avant les qualifications pour la Coupe du Monde 2026, pour laquelle l’Afrique du Sud a également sécurisé sa place, un signe que le pays continue de s’imposer comme une puissance montante du football africain. L’objectif annoncé reste ambitieux : aller au moins aussi loin qu’en 2023, voire s’inviter dans le dernier carré, en capitalisant sur la cohésion d’un groupe mûri par l’expérience et animé par l’envie de faire vibrer une nation entière.
Moustapha BACHIROU



