
Le Mouvement « Africans Rising Movement » a réaffirmé sa détermination à ne pas rester silencieux face au génocide en cours au Soudan. Hardi Yakubu, son coordonnateur, était face à la presse le lundi 1er décembre 2025 à Nairobi au Kenya.
Lors d’une conférence de presse tenue au Mageuzi Hub de Nairobi le lundi 1er décembre 2025, le coordonnateur du mouvement « Africans Rising Movement », Hardi Yakubu a déploré ce qu’il qualifie de négligence internationale alors que des civils innocents continuent d’être mutilés depuis plus de 32 mois de guerre au Soudan. « Un génocide se déroule sous nos yeux au Soudan, et le silence du monde est devenu insupportable », a-t-il accusé avant de lancer cet appel : « Aujourd’hui, à la veille de la Journée mondiale de solidarité avec le Soudan, nous, Africains du continent et de la diaspora, nous levons et restons unis pour briser ce silence ». Selon le conférencier, l’ampleur de la crise exige une action urgente et concertée. Il a souligné que plus de 150 000 personnes ont été tuées et plus de 12 millions déplacés, ce qui en fait la plus importante crise de déplacements de population au monde à ce jour. Il a ajouté que le conflit a donné lieu à de nombreux rapports faisant état de viols, de tortures, de nettoyages ethniques ciblés et de la destruction de communautés entières – des atrocités reconnues officiellement comme génocide en 2024.
« Nous ne pouvons rester silencieux face à l’anéantissement d’enfants, de femmes et de familles entières », a déclaré Hardi Yakubu, ajoutant que le silence est devenu une forme de complicité et que les gouvernements africains doivent cesser de feindre l’ignorance. Dans son propos, il a critiqué à la fois les Forces armées soudanaises (Fas) et les Forces de soutien rapide (Fsr), affirmant que leurs actions privent le peuple soudanais de toute perspective de paix. Il a souligné que les deux groupes sont responsables d’attaques contre des civils, des hôpitaux et des travailleurs humanitaires. Le Coordonnateur se dit également inquiet de l’ingérence extérieure, accusant certains pays de contribuer à la guerre en fournissant des armes ou en apportant un soutien politique aux factions belligérantes.
Brisez le silence. Nommez le génocide
De telles interventions, a-t-il souligné aggravent la crise humanitaire et prolongent les souffrances des civils. « Cette ingérence doit cesser. Le Soudan ne doit pas devenir un champ de bataille pour des intérêts extérieurs. Cette inaction et cette complicité sont une tache sur notre conscience collective et une trahison directe du désir inébranlable de paix du peuple soudanais. Ce silence mondial est mortel ». Dans le cadre de la mobilisation continentale, Africans Rising a recensé 100 actions de solidarité dans 25 pays africains. Celles-ci comprennent des manifestations, des dialogues communautaires, des projections de documentaires, des campagnes d’affichage et des collectes de dons visant à mettre en lumière la crise et à soutenir les familles touchées.
Hardi Yakubu exhorte les dirigeants africains et les instances régionales à reconnaître publiquement le génocide, à exiger un cessez-le-feu immédiat et à faire pression sur les acteurs extérieurs pour qu’ils cessent de fournir des armes. Il a insisté sur la nécessité d’ouvrir sans délai des couloirs humanitaires afin de permettre à l’aide d’atteindre les personnes prises au piège dans les zones de conflit. « Le peuple soudanais mérite la dignité. Il mérite la protection. Il mérite la paix. Son combat est le nôtre, et sa libération fait partie de l’avenir que nous souhaitons tous pour l’Afrique », a-t-il déclaré. Et de relever que : « La lutte du peuple soudanais n’est pas isolée. Sur tout le continent, de la Tanzanie au Cameroun, de la Rdc au Togo et à l’Ouganda, nous assistons à une montée de la répression et de l’autoritarisme. Dans de nombreux pays, des citoyens qui ne souhaitent que dignité, développement et liberté continuent de subir la brutalité de dirigeants alignés sur des intérêts néocoloniaux », a-t-il déploré tout en exprimant la solidarité du Mouvement aux luttes pour l’autodétermination en Palestine et au Sahara occidental.
Nadège Christelle BOWA



