
C’est l’objet de la descente du ministre de l’Agriculture et du développement rural (Minader), en compagnie du gouverneur de la région du Sud, le 08 décembre dernier à l’esplanade du Collège régional d’agriculture (Cra) d’Ebolowa en vue de doter à l’encadrement de proximité des planteurs le matériel roulant pour leurs mobilités.
Tout est parti du discours du Chef de l’Etat prononcé le 17 janvier 2011 lors du Comice agropastoral tenu à Ebolowa. A l’époque, Paul Biya parlait déjà de la modernisation de l’agriculture camerounaise. Question de diminuer la pénibilité, mais aussi en la rendant productive et surtout très proche des planteurs, par un encadrement de proximité. Ce qui va en appeler à un conseil agropastoral plus à travers une approche de professionnalisation. Il faut noter que cet encadrement est confronté à une mobilité difficile, raison pour laquelle le président de la République a instruit en 2022 l’acquisition de 2000 motos. Question d’équiper les chefs de postes agricoles, les chefs de brigades phytosanitaires et les directeurs des Ceac qui du reste seront transférés aux Ctd dans le cadre de la décentralisation. Pour Gabriel Mbaïrobe, Minader, « il est question de rendre l’encadrement rural de notre agriculture visible sur le terrain. On sait qu’un chef de poste agricole doit encadrer entre 05 et 10 villages, cette moto lui est très utile ».
La Stratégie nationale de développement (Snd) horizon 2020-2030 reconnait l’agriculture comme pilier essentiel de la transformation structurelle de l’économie camerounaise, afin de lutter contre la pauvreté et le chômage. Cependant, les producteurs sont confrontés à des difficultés. Le faible équipement, les changements climatiques et le manque de la semence de qualité. On sait que le Sud est essentiellement agricole et constitue environ 70 pour 100 des populations rurales. Ceci grâce à la production des cultures de rentes comme le cacao et le palmier à huile, sans oublier des cultures vivrières, de par cet apport dans la production il sera question d’améliorer le cadre de vie et les revenus de ces populations. En remettant à chaque bénéficiaire sa moto, le patron de l’agriculture n’a pas manqué de les qualifier de « fer de lance de l’agriculture camerounaise ».
Augmenter les rendements
Ce qui appelle un sens de responsabilité de chaque bénéficiaire car, il s’agit du bien public. « C’est un patrimoine de l’Etat, ce sont des motos de service faites en bon usage. Posez les jalons d’une agriculture moderne de développement qui nourrit son homme. Le gouvernement de la République à travers un prêt de la Banque africaine de développement (Bad) sous le projet de l’accélération de la production agricole qui vise dans 4 ans à augmenter la production agricole de 30 pour 100 a pris l’initiative d’acheter 2000 motos en vue d’équiper les hommes de terrain », a insisté le ministre de l’Agriculture.
Et c’est par Ebolowa que débute cette distribution au cours de laquelle chacune des 10 régions du pays recevra 90 motos. Pour le chef de poste agricole de Nyanon, localité située à une quarantaine de kilomètres d’Ebolowa sur une route impraticable, « c’est une satisfaction. Il est question pour nous d’aller au-delà de nos efforts habituels. Il s’agit de se surpasser maintenant dans l’encadrement de proximité d’autant plus qu’il est désormais possible de visiter les planteurs des différents villages ». De par cet apport, il sera question que chaque bénéficiaire s’engage à faire augmenter les rendements de production dans sa zone de compétence. Une manière de reconquérir la sécurité alimentaire dont le pays a jadis été. Un grenier de la sous-région Afrique centrale.
Jacques Pierre SEH



