
Réunis lundi 29 décembre 2025 à Yaoundé, producteurs, institutions et partenaires ont validé, à l’issue d’un atelier national, les bases juridiques et opérationnelles du Système participatif de garantie national Bio Camer, une avancée majeure pour l’agriculture biologique camerounaise.
C’est dans l’effervescence de l’entrée en vigueur de la loi sur l’agriculture biologique que s’est tenu, lundi dernier à Yaoundé, l’atelier national de structuration du Système participatif de garantie (Spg) Bio Camer. Réunissant une quinzaine de représentants des Spg fonctionnels, des administrations publiques, des partenaires techniques et des experts, cet atelier avait pour mission de valider un cahier des charges unique et un label commun adaptés aux exigences du nouveau cadre légal, tout en harmonisant les initiatives déjà existantes. Organisé par le Cipcre avec l’appui de ses partenaires, cet atelier fait suite à une série de travaux d’harmonisation amorcés dès mars 2025 où les référentiels et labels des différents Spg avaient été comparés et une base commune dégagée. A l’ouverture des travaux, Dr Foka, Project Manager de Pcac, a souligné l’enjeu juridique et opérationnel de cette rencontre. « Il est question de s’inscrire dans une continuité du travail que nous faisons depuis quelque temps déjà. Et aujourd’hui, nous voulons valider les cahiers de charges, valider aussi le label commun mettre en place la structuration du système participatif de garantie sur le plan national », a-t-il affirmé.
Tout au long de l’atelier, les participants ont mis l’accent sur l’importance de faire du Bio Camer un outil crédible et utile pour les producteurs comme pour les consommateurs. Avant la promulgation de la loi sur l’agriculture biologique, plusieurs systèmes participatifs de garantie existaient déjà à travers le pays, notamment BioSanté, Certified Bio Cameroon, Etso Mbong, Egnime Di Mbo’ong ou encore Eco Bio Caritas. Cependant, la diversité des cahiers des charges, des mécanismes de contrôle et des labels limitait la reconnaissance institutionnelle et la confiance sur les marchés. Face à ces constats, les travaux collectifs ont permis d’approuver un cahier des charges unique aligné sur la loi, de définir une gouvernance nationale et régionale du Spg et d’adopter le label Bio Camer. Dans ses propos, Alain Patrice Fokeu Patrice, représentant du Cefan de Foumban, a salué cette dynamique participative. « Ce Spg, c’est comme une sorte de phare. Une lumière qui vient éclairer davantage le champ de pratiques agroécologiques et d’agriculture biologique. Surtout pour nous les praticiens en la matière parce qu’au fait on a au moins maintenant un socle où nous nous entendons sur ce qui devrait être fait », a-t-il souligné.
Reconnaissance étatique pour sécuriser les circuits
L’importance de l’atelier a également été soulignée par les représentants de l’État présents à Yaoundé. Pour Emile Martial Nkodo Mvongo, chef de la cellule des requêtes et du contentieux au ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, la structuration du Spg Bio Camer s’inscrit pleinement dans la politique nationale de normalisation et de certification des produits, « cet atelier entre en droite ligne avec la politique du gouvernement qui permet de protéger le label camerounais à travers la normalisation des produits, la certification. Et vous savez que dans notre contexte, tout ce qui est produit de façon informelle constitue des risques pour nos populations. » L’État souligne l’importance d’encadrer la production biologique et agroécologique pour garantir aux consommateurs des produits sûrs, tout en offrant aux producteurs un outil de légitimation reconnu au plan national et susceptible d’être mis en valeur à l’international à travers des équivalences avec d’autres Spg dans la sous-région.
À l’issue des échanges, une feuille de route claire a été définie pour l’opérationnalisation du Spg Bio Camer. Les résultats attendus de l’atelier ont été atteints : le cahier des charges unique a été validé, la structure de gouvernance approuvée, les mécanismes communs de contrôle et de certification confirmés, et le label Bio Camer officiellement présenté. Les participants ont également convenu des prochaines étapes pour renforcer l’appropriation du système par les organisations membres et les acteurs institutionnels. L’adoption du Spg Bio Camer marque une étape historique dans la structuration de l’agriculture biologique au Cameroun. Alors que le pays cherche à valoriser ses filières agricoles sur les marchés nationaux et internationaux, ce système participatif de garantie constitue désormais un repère commun et une garantie de qualité pour les produits biologiques et agroécologiques camerounais. Avec cette nouvelle dynamique, le Cameroun pose les bases d’une reconnaissance durable de ses pratiques agricoles responsables et ouvre la voie à une meilleure compétitivité pour ses agriculteurs sur la scène mondiale.
Michel NONGA



