
« Cabral Libii n’est guidé ni par le gain égoïste, ni par l’intérêt personnel »
Alors que Paul Biya entame un nouveau mandat, le leader du Pcrn, classé troisième au scrutin du 12 octobre dernier, est accusé de calculs personnels. Toute chose que dément formellement son porte-parole qui y voit une campagne orchestrée pour salir l’image de son champion.
Au lendemain de la prestation de serment de Paul Biya, proclamé président par le Conseil constitutionnel après l’élection du 12 octobre 2025, les projecteurs se tournent vers une autre figure de la scène politique camerounaise. Cabral Libii, président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn), fait l’objet d’accusations de trahison et d’ambitions personnelles. Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, sa porte-parole Anne Féconde Noah monte au créneau pour défendre son leader et dénoncer une campagne de désinformation. « Si le président national Cabral Libii était guidé par le gain égoïste, l’intérêt personnel, notre pays serait dans une situation particulièrement difficile en ce moment », écrit-elle. Elle accuse certains communicants, recrutés par des leaders politiques rivaux, de vouloir faire passer Cabral Libii pour un homme intéressé uniquement par son ascension personnelle.
Selon elle, ces attaques sont motivées par le refus du candidat de « mettre son potentiel politique à leur disposition, en dehors d’un cadre consensuel ». La sortie de la porte-parole intervient dans un contexte politique tendu. Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, a prêté serment pour un huitième mandat dans une cérémonie officielle à l’Assemblée nationale. Malgré les contestations de plusieurs partis d’opposition, le Conseil constitutionnel a validé sa victoire. Dans les rues, la tension reste palpable, alimentée par des coupures d’internet, des arrestations ciblées et des appels à la mobilisation. Dans ce climat, Cabral Libii se retrouve au centre d’une polémique. Selon Anne Féconde Noah, il aurait reçu de nombreuses propositions politiques et financières depuis le début de l’année électorale. « Elles ont connu un pic surprenant en début de précampagne », affirme-t-elle.
Lobbies
Elle précise que ces offres ont été déclinées par Libii, avant d’être acceptées par d’autres figures politiques. « La contrepartie ne se chiffrait pas en ce fameux milliard dont les fake news parlent partout. Il ne représente que peu de chose comparé aux possibilités », ajoute-t-elle. Avant d’évoquer l’existence de lobbies qui considèrent le Cameroun comme une « île aux trésors » et qui n’ont pas renoncé à tenter de convaincre Cabral Libii. Mais selon elle, « ça reste peine perdue ». Elle insiste sur l’intégrité de son leader, « Cabral Libii a eu l’occasion de penser à lui-même, à sa famille, à sa descendance, mais il a choisi de penser Cameroun et camerounais ». En 2018, Cabral Libii avait déjà surpris en se hissant à la troisième place de la présidentielle. En 2025, il a proposé une double stratégie, une coalition pour une transition politique ou une candidature unifiée autour de sa personne.
Cette posture, jugée trop indépendante par certains, lui vaut aujourd’hui des critiques virulentes. Mais pour ses partisans, il reste un homme d’État. « Si le président national Cabral Libii était guidé par autre chose que la protection de l’humain et l’amélioration des conditions de vie de celui-ci, notre pays vivrait des heures beaucoup plus difficiles », conclut Anne Féconde Noah. Dans un paysage politique marqué par les alliances de circonstance et les ambitions personnelles, cette déclaration sonne comme un rappel à l’éthique. Reste à savoir si cette ligne de conduite suffira à redonner confiance à une partie de l’électorat en quête de renouveau.
Michel NONGA



