
À quelques jours de la fin de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, deux actualités fortes marquent l’après-compétition : le Gabon lève la suspension de sa sélection nationale et réintègre ses cadres, et le Burkina Faso se sépare de son sélectionneur Brama Traoré après une élimination jugée décevante.
La première secousse est venue de Libreville où la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) a annoncé, lundi 12 janvier 2026, la levée de la suspension qui frappait l’équipe nationale gabonaise et la réintégration de deux de ses joueurs les plus emblématiques : Pierre-Emerick Aubameyang et Bruno Ecuele Manga. Cette décision met fin à plusieurs semaines de tensions institutionnelles et sportives qui avaient suivi l’élimination prématurée des Panthères lors de la phase de groupes de la Can 2025 au Maroc. Gabon avait terminé dernier de son groupe après trois défaites consécutives, dont un revers serré contre la Côte d’Ivoire (3-2), ce qui avait provoqué une onde de choc dans le pays et une réaction politique immédiate. Le gouvernement, critiquant la prestation de la sélection, avait suspendu l’équipe nationale « jusqu’à nouvel ordre » et exclu Aubameyang et Ecuele Manga des activités de la sélection, tandis que le staff technique était dissous sur-le-champ, dans une décision relayée à la fois sur les chaînes officielles et dans les médias internationaux.
Cette suspension, perçue comme une mesure radicale, a suscité une vive réaction tant au plan national qu’au-delà des frontières gabonaises, certains observateurs pointant du doigt une possible ingérence gouvernementale dans les affaires sportives. Des interrogations avaient même été émises quant à d’éventuelles sanctions de la Fifa ou de la Caf dans ce contexte, bien que les autorités fédérales gabonaises aient rapidement minimisé cette perspective en affirmant que les décisions relevaient de la compétence étatique et ne violaient pas les règlements internationaux. La levée de la suspension marque donc un tournant vers une normalisation et une réorganisation de la sélection nationale en vue des échéances futures, notamment la préparation des qualifications pour la Can 2027 et les éliminatoires du Mondial 2026. La réintégration d’Aubameyang, à 36 ans et fort de plus de 75 sélections, et d’Ecuele Manga, 37 ans et plus de 100 capes, est interprétée comme un signe fort envoyé à l’opinion publique et aux supporters pour restaurer la cohésion autour des Panthères et capitaliser sur leur expérience internationale.
Au-revoir « Tonton Brama »
À des centaines de kilomètres à l’ouest, c’est une toute autre dynamique qui se déroule au Burkina Faso. Après une campagne de Can 2025 jugée en demi-teinte, la Fédération burkinabè de football (Fbf) a mis fin, mercredi 14 janvier 2026, à la collaboration avec le sélectionneur national Brama Traoré et l’ensemble de son staff technique. Cette décision intervient à la suite de l’élimination des Étalons en huitièmes de finale par la Côte d’Ivoire sur le score sans appel de 3-0, un résultat qui a mis en lumière les ambitions non atteintes de l’équipe burkinabè dans cette édition.
Brama Traoré, qui dirigeait les Étalons depuis mars 2024, avait pourtant été salué lors de sa nomination pour son engagement à insuffler une dynamique nouvelle à l’équipe nationale après des campagnes précédentes marquées par des éliminations précoces. Avant son limogeage, il avait souligné l’importance de bâtir une équipe compétitive, notamment dans les phases de préparation des matchs amicaux et des qualifications, mais la coupe d’Afrique a révélé les limites d’une stratégie qui n’a pas réussi à concrétiser les espoirs placés en elle.
Dans un communiqué officiel, la Fbf a justifié cette rupture par les résultats jugés « largement en deçà des objectifs assignés » pour cette compétition majeure, rappelant que l’objectif initial consistait à atteindre au minimum les demi-finales. Cette élimination prématurée a provoqué une vive déception au sein des supporters, des acteurs du football national et des instances dirigeantes, qui espéraient voir les Étalons s’affirmer comme une force montante du football africain.
La décision de limoger Traoré et son staff est symptomatique d’une exigence accrue des fédérations africaines pour des performances conformes aux attentes. Au Burkina Faso, comme dans de nombreux pays du continent, les résultats sportifs sont étroitement scrutés par les supporters et les autorités, ce qui place les sélectionneurs dans une position délicate où la marge d’erreur est souvent réduite. Le départ de Traoré ouvre désormais la voie à une nouvelle ère pour les Étalons, avec la perspective d’un recrutement rapide d’un nouvel encadrement technique capable de redynamiser l’équipe en vue des prochains rendez-vous internationaux, notamment les qualifications pour la prochaine phase de la Can et les éliminatoires de la Coupe du monde.
Moustapha BACHIROU



