
Le gouvernement s’engage aussi à soutenir « toutes les familles Mbororo en détresse » et à renforcer la sécurité dans la région du Nord-Ouest.
La douleur reste vive à Gidado, village de la commune de Ndu, dans la région en crise du Nord-Ouest. L’attaque survenue dans la nuit du 14 janvier 2026 a officiellement fait 14 morts, dont des femmes et des enfants. Depuis, la communauté Mbororo dit vivre dans la peur, sur fond d’enlèvements et d’exactions. Le 19 janvier, une délégation s’est rendue à l’Immeuble Étoile, à Yaoundé, pour porter sa détresse au gouvernement. Le lamido de Didando, figure traditionnelle, a décrit une insécurité persistante : « Plusieurs membres de la communauté Mbororo ont été kidnappés depuis lors et libérés contre rançon, ou tout simplement assassinés », avant d’ajouter qu’ils sont « également victimes de pillages en tout genre ».
Face à cette interpellation, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a condamné cet « acte barbare » et annoncé une prise en charge totale des victimes. L’État s’engage aussi à soutenir « toutes les familles Mbororo en détresse » et à renforcer la sécurité dans la région, selon les propos rapportés. Pour la délégation, cette séquence est présentée comme un signal, après des années de violences. « Nous sommes des républicains et nous soutenons les institutions. C’est notre raison d’être ici pour porter cette information au gouvernement », a-t-elle déclaré avant de quitter l’Immeuble Étoile.
Mboscuda demande une enquête
Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement des alertes de la Mbororo social and cultural development association (Mboscuda). Au lendemain de l’attaque, l’organisation a publié un communiqué condamnant des violences qualifiées de « ciblées, répétées », ainsi que les enlèvements contre rançon et les assassinats visant ses membres. Mboscuda affirme disposer de statistiques cumulées faisant état de centaines de victimes et de dégâts matériels importants. Son secrétaire général, Oumarou Sanda, a demandé au gouvernement « d’ouvrir une enquête » pour identifier les auteurs et les traduire devant les juridictions compétentes. Depuis la fin de 2016, les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont le théâtre de violences armées opposant l’armée aux forces séparatistes. Dans ce contexte, des tensions foncières historiques entre éleveurs peuls Mbororos et agriculteurs d’autres groupes ethniques contribuent aussi aux violences.
Amnesty International France souligne que « les peuls Mbororos sont perçus comme soutenant les autorités, et en tant que tels, sont particulièrement ciblés par les séparatistes armés ». La communauté Mbororo attend désormais des actions concrètes de l’État pour restaurer la sécurité, prévenir de nouvelles attaques et permettre un retour à une vie quotidienne plus stable.
SBB



