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Arliane Matchodoum: « Que les sourds soient bien reçus lorsqu’ils se rendent dans un hôpital »

Ce mercredi 10 décembre 2025, devait se tenir une conférence entre les personnes sourdes et le personnel soignant de l’Hôpital militaire de Bonanjo organisée par l’Association Œil et la main. Malheureusement, du fait de l’indisponibilité de ces derniers, cette conférence n’a pas eu lieu. La secrétaire générale de cette association revient dans cet entretien sur les difficultés que rencontrent les sourds et personnes malentendantes dans les hôpitaux et évoque le bien-fondé de cette conférence reportée en janvier prochain.

Quelles sont les difficultés que les sourds et personnes malentendantes rencontrent lorsqu’elles se rendent dans les hôpitaux et autres formations sanitaires ?

Les sourds et personnes malentendantes rencontrent beaucoup de difficultés lorsqu’ils se rendent dans les hôpitaux. Je prends l’exemple sur moi-même puisque je suis une personne sourde.  Les difficultés commencent à l’accueil lorsqu’on arrive. Il faut s’asseoir attendre qu’on fasse l’appel. Pendant l’appel, il faut que je sois très attentive et fixer celui qui fait l’appel pour ne pas manquer mon nom. Une fois qu’on est dans le bureau du médecin, on n’est pas au bout de ses peines. Dans mon cas, je parle un peu, ce qui est un avantage, mais le médecin dit qu’il ne comprend pas ce que je dis, encore moins le langage des signes. Ce qui fait que j’ai du mal à dire au médecin de quoi je souffre. Le docteur de son côté, parle très vite de tel sorte que je ne comprends pas ce qu’il dit et ils sont toujours pressés. Ils ne prennent pas la peine de nous dire la conduite à tenir et précautions que nous devons prendre. Ils se contentent seulement de nous donner les médicaments. En gros, c’est ce problème de communication entre les personnels soignants et nous qui nous dérange lorsque nous rendons dans les formations hospitalières.

Vous devriez avoir une conférence avec le personnel soignant de l’Hôpital militaire de Bonanjo, cet après-midi, malheureusement, elle n’a pas eu lieu, de quoi devait il s’agir ?

La conférence qui devait avoir lieu cet après-midi est très importante. Parce que lorsque que le médecin reçoit un patient, il ne connait sa condition. Lorsqu’on lui apprend que c’est un sourd, il exprime un certain dépit parce qu’il ne sait pas comment s’adresser à ce dernier ; ils ne connaissent pas le langage des signes. Il regarde autour de lui, il fait très vite, après, il vous demande de partir. A travers cette conférence donc, nous voulons amener les médecins à connaître la condition du patient qu’ils ont en face. Si c’est une personne sourde, ils doivent être très patients, parce qu’il faut être patient avec les sourds. Il faut parler doucement. Il peut même faire des mimiques pour se faire comprendre. Il doit user de tous les moyens pour se faire comprendre. Il ne doit être pressé. A son tour, le médecin doit essayer de comprendre ce que dit le sourd afin qu’il soit certain qu’il a bien diagnostiqué les symptômes de la maladie. S’entretenir avec son patient sourd pour lui indiquer les causes de la maladie et comment peut-on l’éviter à l’avenir. Cette conférence va aider les médecins à mieux faire leur travail quand ils reçoivent une personne sourde. La conférence n’a pas eu lieu aujourd’hui, parce que comme vous le savez les personnels soignants sont assaillis à l’approche des fêtes et pendant les fêtes de fin d’années. elle a été reportée au 21 janvier 2026 lorsque tout le monde sera disponible.

 Pourquoi avez choisi l’Hôpital militaire qui se trouve au centre administratif, pourtant il a beaucoup d’autres hôpitaux et hôpitaux de district en périphérie de la ville qui sont beaucoup plus fréquentés par les sourds ?

 Nous avons commencé par l’Hôpital militaire pas parce qu’il y a beaucoup plus sourd qui le fréquente ou qui sont aux alentours, mais parce qu’ils ont été beaucoup plus accessibles et ils ont accepté de nous écouter. Le président de l’association Dimitri Fokou, est dans plusieurs autres hôpitaux avant l’Hôpital militaire, mais n’ont pas daigné l’écouter. C’est dire que dans ces hôpitaux, on accorde aucune attention aux sourds et on ne cherche pas à comprendre leurs problèmes.

Est- ce à dire que vous allez vous limiter à l’Hôpital militaire ?

Bien-sûr que non. Nous sommes à la première phase de notre projet. Après l’Hôpital militaire, nous allons le poursuivre. C’est un gros chantier que nous entamé. Nous comptons nous rendre à l’Hôpital général de Douala, à l’hôpital Laquintinie et même dans les hôpitaux de district. On espère qu’ils nous ouvrirons les portes. Notre objectif reste que les sourds soient bien reçus lorsqu’ils se rendent à l’hôpital. Que quand un sourd rentre de l’hôpital, il sache de quelle maladie il souffre, quelle en est la cause et la prévenir.

Entretien avec Blanchard BIHEL

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