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Autisme et Trisomie 21: Deux handicaps sociaux aux destins croisés 

Dans le but de braquer les projecteurs sur ces deux handicaps pour y apporter des solutions idoines, deux dames de cœur ont uni leurs forces à Douala, à l’effet de vulgariser la connaissance de la trisomie 21 et de l’autisme auprès du public et des pouvoirs publics. 

Le destin les a uni au propre comme au figuré. Deux handicaps aux destins croisés puisque semblables dans leurs manifestations à la différence qu’il y a retard physique de croissance pour ce qui est de la trisomie 21. L’autisme est défini comme un trouble du développement chez l’enfant ; il se manifeste par une altération de la communication et des interactions avec les autres. La trisomie 21 quant à elle est définie comme une anomalie génétique qui se manifeste par une malformation du corps ou certains membres du corps. Elle est appelée trisomie 21 en raison de la formation du chromosome 21 en trois exemplaires au lieu de deux, d’où une malformation des yeux chez certains enfants atteint de ce handicap.

L’autisme et la trisomie 21 ne sont pas considérés comme des maladies ; tout au moins ils sont considérés comme un mal congénital et la médecine qui traite de ces deux handicaps est toute nouvelle. C’est la raison pour laquelle certaines mères porteuses dans certaines formations hospitalières sont désorientées en dépit des pédiatres contactés qui n’arrivent pas à savoir ce que c’est exactement et quelles en sont les causes, sont-elles biologiques, mentales ou spirituelles… Certaines langues ont sont arrivées à la conclusion hâtive selon laquelle c’est la maladie des enfants de riches, avec des connotations métaphysiques voire mystiques.

Soutenir ces personnes extraordinaires

« La trisomie 21 et l’autisme nécessitent notre attention particulière pour favoriser l’inclusion et la compréhension : Soutenons ces personnes extraordinaires en apprenant et en partageant nos connaissances » : telle était la thématique centrale qui a guidé la conférence publique organisée le 24 janvier 2026 au Lewat hôtel à Douala-Bessengue. Au pupitre, deux femmes mères respectivement d’enfant autiste et mère d’enfant atteint de trisomie 21. Face aux deux dames, des journalistes et des parents de familles d’enfants atteints de ces deux handicaps, avec pour mission de témoigner de leurs souffrances et partager leurs expériences sur comment elles ont trouvé la force de vivre avec leurs enfants tels qu’ils sont et avec leurs handicaps. Stéphanie Maty et Bwame Huguette Yolande ont uni leurs forces pour organiser cette conférence publique, question de toucher les âmes sensibles, dans une société de moins en moins sensible à la souffrance de l’autre, les pouvoirs publics en premier lieu, qui semblent ignorer qu’il existe des enfants qui souffrent de l’absence d’un Etat qui est sensé être un parent pour tous. 

Il y a toujours de l’espoir

Chacune des deux dames dans la recherche de solutions à ce drame inexplicable dans leurs vies respectives, ont fini par créer chacune qui une Organisation non gouvernementale, qui une Association en vue de poser des jalons dans la durée. Yolande Bwame a créé la Fondation Nathanaël Epée « Triso et Vie » du nom son fils aujourd’hui âgé de 5 ans, pour la recherche de solutions à la trisomie 21. Stéphanie Maty quant à elle, femme camerounaise résidant à Londres, a créé au Cameroun une Ecole qui est un Centre de formation spécialisée pour enfants autistes et enfants atteints d’autre handicap mental ou physique. « Ce Centre a besoin du soutien de tous et du gouvernement camerounais», ne cesse-t-elle de marteler. En attendant, elle et les âmes de bonnes ne cessent de mener des actions en vue de prévenir aux autres parents les drames qu’elles ont vécus. Pour rattraper le retard et l’intégration des enfants dans la société, les deux mères d’enfants recommandent d’alterner entre l’éducation inclusive proposée par l’Etat et l’éducation spécialisée qui est très souvent l’émanation d’initiatives privées comme c’est le cas pour le Centre « You are Not Alone ».

Passées leurs présentations respectives, que des témoignages dans la salle du Lewat hôtel : d’après dame Njoya, mère d’une enfant autiste suivie au Centre « You are Not alone » depuis trois ans déjà, « l’Etat n’accorde pas une attention particulière à cette catégorie d’enfants et c’est dommage » ; d’après Anne Marie Kene, technicienne d’analyse médicale retraitée, ce genre de rencontre permet de «partager les expériences pour mieux comprendre ces enfants qui sont simplement différents les uns des autres car ils ont des talents ailleurs et notamment dans des domaines peu communs». Et dame Maty l’a rappelé pour avoir observé que son fils a beaucoup de talents dans la coiffure et la musique, des talents qui ne demandent qu’à trouver leurs chemins. Pareil pour le petit Nathanaël Epée qui lui a des prédispositions naturelles à la cuisine et notamment dans l’hôtellerie.

Rodrigue TCHOKOUAHA

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