
Sous une pluie battante, Vincent Aboubakar et ses coéquipiers se sont inclinés 1-0 face à la Rdc lors de la deuxième demi-finale des barrages. En inscrivant l’unique but de la rencontre, le défenseur et capitaine Chancel Mbemba envoie son équipe en finale des barrages dimanche prochain contre le Nigéria.
Soirée cauchemardesque ! Douché, non pas par la pluie, mais par une défaite amère ! Après la qualification du Nigeria face au Gabon (4-1), la ville marocaine de Rabat accueillait l’autre demi-finale des barrages zone Afrique du Mondial 2026. Au programme, le Cameroun et la Rdc qui s’affrontaient pour une affiche qui s’annonçait explosive et chaude malgré la grosse pluie qui tombait sur la pelouse. Sur le papier, le Cameroun semblait pourtant favoris. Qu’importe, le match a démarré fort et c’est bien le Cameroun qui s’est procuré la première situation. L’homme en forme Bryan Mbeumo allumait la première mèche d’une frappe du pied gauche mais son tir était facilement intercepté par Mpasi.
Timide, la Rdc ne parvenait pas vraiment à se montrer dangereuse si ce n’est quelques corners bien frappés. Peu avant la mi-temps, ce sont bien les Lions Indomptables qui étaient les plus proches de mener au score. Karl Etta Eyong avait d’ailleurs la balle du 1-0 dans les pieds (22e) alors que Mbemba sauvait les siens à plusieurs reprises. Du côté de la formation congolaise, la seule éclaircie est venue de Théo Bongonda, qui a donné quelques sueurs froides à la défense camerounaise.
Milieu fébrile et les ballons perdus
Au cœur du match, pourtant, l’un des soucis majeurs du Cameroun s’est exprimé : des enchaînements hasardeux, des contrôles ratés et trop de ballons perdus au milieu de terrain. Le jeune Carlos Baleba n’a pas été dans sa forme des grands jours. Particulièrement. Dès le début, il a été pris dans des duels perdus, a concédé des pertes de balle cruciales, et son manque de précision dans les relances a coûté à son équipe. Ces erreurs hasardeuses ont cassé le rythme, malgré les efforts de ses coéquipiers pour apporter du soutien. Le Cameroun peinait à construire, à enchaîner et à imprimer un tempo. Le duo central a souvent été dépassé et l’enthousiasme initial s’est mué en frustration.
Au retour des vestiaires, Marc Brys décidait de faire quelques ajustements et notamment dans le secteur offensif. Le Toulousain Frank Magri laissait sa place à l’expérimenté Vincent Aboubakar qui récupérait d’ailleurs directement le brassard de capitaine. Ce dernier ne tardait évidemment pas à se mettre en évidence en obligeant à deux reprises Mpasi à intervenir (51e, 53e). D’entrée, l’espoir renaissait. Mais la conversion manquait. Pour relancer vraiment la dynamique, Brys lançait également Christian Bassogog puis Georges Kevin Nkoudou. Malheureusement, ni l’entrée d’Aboubakar, ni celles de Bassogog et Nkoudou n’ont permis de redresser l’équilibre ou d’impulser un sursaut collectif. Le rythme n’a pas changé, les pertes s’accumulaient et les Congolais, eux, jouaient les temps faibles avec maîtrise.
Le coup fatal et la fin du rêve (américain)
Mais dans le football, c’est bien connu, dominer ne fait pas tout. Et à force de manquer de bons coups, le Cameroun s’est exposé à une punition. Face à une équipe de la Rdc, cela ne pardonne pas. Dans le temps additionnel, sur un corner bien frappé, c’est l’infatigable Chancel Mbemba qui jaillissait au second poteau et plaçait son plat du pied qu’Onana ne pouvait sortir. Un but décisif et salvateur pour la Rdc, qui n’arrivera pas à revenir dans la partie. La Rdc file en finale face au Nigeria dimanche à 20h en ayant été très efficace devant le but. En plus de ne pas vivre le rêve américain, le Cameroun regardera à la télévision le Cap-Vert participer à sa première Coupe du monde.
Moustapha BACHIROU



