
Le retour des Zèbres du Botswana sur la scène continentale, treize ans après leur unique et modeste participation en 2012, est un événement historique en soi pour cette nation d’Afrique australe.
Ils effectuent seulement leur deuxième apparition dans l’histoire de la Can, et leur ambition de marquer les esprits cette fois-ci naît d’un parcours qualificatif digne d’un conte, où ils ont sauvé leur qualification dans les derniers instants face à l’Égypte. Cette réussite s’est construite malgré une instabilité chronique au poste de sélectionneur, Didier Gomes Da Rosa ayant démissionné en cours de route, laissant l’intérimaire Morena Ramoreboli mener à bien l’ultime mission. Leur histoire footballistique, qui débute sur le tard avec une fondation en 1970 et une première défaite cinglante 8-1 face au Malawi, a connu son apogée en 2012 lorsqu’ils sont devenus la première nation à se qualifier pour cette Can, atteignant même un classement Fifa historique de 53e.
Depuis, les résultats ont été plus discrets, avec des finales de Cosafa Cup en 2016 et 2019 comme principaux faits d’armes. Leur préparation pour 2025 est singulière : ils ont renoncé aux matchs amicaux traditionnels pour un long camp d’entraînement en Tunisie, où ils affronteront des adversaires de haut niveau, une stratégie qui témoigne d’une approche méticuleuse et concentrée sur la surprise. Leur chemin s’annonce toutefois semé d’embûches, car ils ont hérité du « groupe de la mort » D, devant affronter le Sénégal, la Rd Congo et le Bénin. Leur parcours commencera par un véritable baptême du feu contre les Lions de la Teranga le mardi 23 décembre à Tanger. Ce défi sera suivi d’un match crucial face au Bénin le samedi 27 décembre à Rabat, une confrontation directe inédite entre les deux nations qui pourrait sceller le destin des Zèbres. Ils concluront leur aventure contre la redoutable RD Congo le mardi 30 décembre à Rabat. L’équipe, emmenée par le capitaine Thatayaone Ditlhokwe et le vétéran Mosha Gaolaolwe, devra être parfaitement huilée pour espérer créer l’exploit. Pour ces outsiders absolus classés 138e au monde, chaque minute sur le terrain sera une bataille pour l’honneur et l’opportunité d’écrire une page inédite de leur histoire, loin du souvenir douloureux de leur première Can où ils avaient terminé avec trois défaites et zéro but marqué.
Moustapha BACHIROU



