le_messager_Logo-removebg-preview

Cameroun: Les plaisirs contre l’esprit républicain

Avec la recherche effrénée des plaisirs fugaces, se retire chaque jour un peu plus l’esprit républicain, l’esprit de lucidité et de justice, qui a présidé à la création et à la construction des grandes Républiques de la planète.

C’est là un point qui fait terriblement mal à notre prise de conscience, à notre volonté de construire ensemble et de manière équitable un cadre de vie commun pour le bien-être de tous. C’est connu, l’humanisme triomphe avec la concrétisation des concepts de solidarité et de partage, l’homme étant juste un roseau pensant dans l’infinitude d’un univers aussi complexe que déroutant. Après tout, c’est le chemin obligé car nous allons tous mourir. Un grain de bonheur avant de s’en aller non ? C’est leur refrain !

Il devient donc un impératif avec la solidité de nos forces, de nos valeurs et de l’unité du souffle humain, chacun à la hauteur de ses capacités, de faire vivre un espace ou un cadre de convergence où chacun est protégé et rassuré de vivre en toute sécurité de tous ses droits. L’esprit républicain est cette douce contrainte en chaque citoyen de faire tout son possible pour que l’espace de vie commun se porte bien pour que chacun se porte aussi bien. Pour cela, il faut assumer ses différentes charges (c’est-à-dire le devoir tout comme en retour les droits, c’est-à-dire les gains liés au devoir), afin qu’ils soient protégés et garantis par ceux qui veillent au bon fonctionnement de notre espace vital, de la République ou de « Lebensraum » comme disent les Allemands. La République est donc notre Maison commune, avec ses lois et règlements qui structurent un mode de vie intégré pour tous. 

Le vivre-ensemble sur le bas-côté

A l’observation, beaucoup de nos citoyens n’ont jamais connu le bonheur, ce doux sentiment de l’accomplissement de soi au de la République. Ils sont comme qui dirait, des ostracisés, ceux-là qui vivent sur le bas-côté de notre vivre ensemble et partagé. Il va sans dire que ceux-là ne sont pas heureux en premier lieu parce que les lois qui structurent notre Maison commune sont foulées au pied, avec la complicité des gardiens de notre temple. Les plaisirs, la jouissance à outrance ont pris le pas sur les nobles notions du travail et de la saine concurrence qui hier faisaient la fierté de notre peuple. Tout se passe aujourd’hui comme si notre Maison était passée définitivement à l’ère du manger et du boire car demain, nous allons tous mourir !

Les Saintes Écritures confient qu’il n’est pas bon pour les rois et les princes de s’adonner au vin. Ce n’est pas seulement qu’ils affectionnent les coupes dorées dès l’aube, mais ils encouragent la multitude des citoyens à s’adonner au spiritueux. « Ce n’est pas grave car j’ai bu mes quatre ou cinq bières, mes huit ou dix sachets aujourd’hui », est la confession saugrenue de beaucoup de citoyens pour saupoudrer la misère ambiante ! On boit, on mange, on se livre à tous les plaisirs dans la rue à volonté mais on est en difficulté de payer le loyer, de nourrir sa maison pour dire le moins. 

Le secteur des plaisirs fait florès

Dans l’ère de la débrouillardise où tout baigne dans l’informel, l’esprit républicain s’approche comme cette urine abondante d’alcool le long des rues qui pullulent de bars. Dans la pénombre de ces lieux de beuverie, que des jeunes gens à la recherche du gain facile et rapide, à des activités les plus illicites. Le comble de la d’échéance est que des responsables, des hommes et femmes d’une certaine stature sont des clients assidus des lieux, ils s’y vautrent aussi, torturés par les désirs sensuels les répréhensibles. Le secteur des plaisirs fait florès dans notre pays. Au fur et à mesure qu’il se développe en toute informalité, les droits républicains se rétrécissent comme peau de chagrin. Avouons-le, avec la recherche effrénée des plaisirs fugaces, se retire chaque jour un peu plus l’esprit républicain, l’esprit de lucidité et de justice, qui a présidé à la création et à la construction des grandes Républiques de la planète. Comparativement à la motivation qui animait les pères fondateurs de notre Nation dans les années soixante et celle d’aujourd’hui, il va sans dire que très peu de nos concitoyens seraient choqués si je qualifie tout cela par un seul mot anglais: « sinking », en français, le naufrage. Il est encore temps de se réveiller comme prêchent les Témoins de Jéhovah. 

Léopold DASSI NDJIDJOU

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Suivez-nous :

Actualités

Espace Newsletters

Retour en haut