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Cancer du col de l’utérus: La lutte nécessite une mobilisation multisectorielle et durable

La mobilisation communautaire et la proposition systématique lors des visites de routine facilitent l’acceptation et l’adhésion des femmes aux procédures de dépistage du cancer du col de l’utérus, suggère une étude réalisée au Cameroun entre 2023 et 2026. Le projet « Combattre le Cancer du Col de l’Utérus en Clinique et en Communauté au Cameroun (C3UC3) », a permis d’informer près de 20 000 personnes, dont plus de 13 000 femmes et environ 6000 hommes, et traiter 36 femmes.

Le cancer du col de l’utérus est évitable et guérissable, s’il est détecté tôt. C’est l’un des messages forts tiré de la publication des résultats du projet « Combattre le Cancer du Col de l’Utérus en Clinique et en Communauté au Cameroun(C3UC3), » au cours de la cérémonie de clôture officielle le 14 janvier dernier à Yaoundé. « Mais alors, il faut une mobilisation communautaire, il faut les vaccins, il faut l’acceptation, il faut la société civile. Donc, nous comptons beaucoup sur vous pour l’élimination du cancer du col de l’utérus dans notre environnement », exhorte Pr Blaise Nkegoum, Secrétaire permanent du Comité de lutte contre le cancer (Cnlca), représentant le ministre de la Santé publique à ces assises, après avoir écouté toutes les présentations à l’ordre du jour dont celle de Mireille Carole Fock, coordonnatrice du projet C3UC3 axée sur les résultats.Mis en œuvre depuis février 2023 par le Centre international de recherche d’enseignement et de Soins (Cires) et l’Association de Lutte contre les Violences faites aux Femmes (Alvf) – Antenne Centre, avec l’appui technique et financier de l’Initiative d’Expertise France, cette étude vise à répondre au trop faible dépistage du cancer du col de l’utérus des femmes camerounaises et à améliorer les algorithmes de dépistage.

Ce projet a démontré la pertinence d’une approche intégrée clinique– communauté. Grâce à ce projet, des communautés ont été mobilisées. Soit 19 522 personnes, dont 13 915 femmes et 5 607 hommes. Des femmes ont été informées, sensibilisées, dépistées, accompagnées et 36 femmes traitées. Au Cameroun, le cancer du col de l’utérus est le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes. Pourtant, seules 4 % des femmes camerounaises se font dépister. Tel que révèlent ses résultats scientifiques et opérationnels, le projet C3UC3 a permis d’évaluer une stratégie innovante de dépistage et de prise en charge du cancer du col de l’utérus, combinant interventions communautaires et soins cliniques, dans l’arrondissement de Yaoundé II.  Notamment au sein : du District de santé de la Cité Verte ; de l’Hôpital de District de la Cité Verte ; de l’Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé.

Renforcer les stratégies nationales de prévention et de prise en charge

Dans bien des cas, souligne Elise Pierrette Memong Mpoung, présidente de l’Alvf, le cancer du col de l’utérus est aussi le résultat d’inégalités de genre et de violences silencieuses subies par les femmes. Notamment : Violences sexuelles précoces, absence de pouvoir décisionnel des femmes sur leur santé reproductive, accès limité à l’information, aux dépistages et aux soins, précarité économique des femmes, négligence systémique de la santé des femmes dans certains contextes, et plus encore. « Laisser une femme mourir d’un cancer évitable et traitable faute d’information, de prévention ou de prise en charge adéquate, est une forme de violence structurelle », relève-t-elle. C’est à son avis, cette réalité que le projet C3UC3 a voulu combattre en rapprochant le screening du Human papillomavirus des femmes, en brisant les tabous… Comme autre retombée du projet, l’on note la création de l’Association des Femmes Fortes contre le cancer, regroupant des femmes dépistées et prises en charge, désormais engagées dans la sensibilisation, l’éducation et le soutien aux pairs.

Les résultats du projet constituent un levier pour renforcer les stratégies nationales de prévention et de prise en charge. Pour l’Alvf, la clôture de ce projet ne doit pas être une fin, mais un point de départ. « Les résultats obtenus, les enseignements tirés, les réalités observées sur le terrain, constituent aujourd’hui une base précieuse qui pourrait servir d’évidence pour l’implémentation des actions futures des pouvoirs publics », suggère sa présidente avant d’inviter les décideurs politiques, à tous les niveaux, à prendre pleinement en compte les résultats issus de ce projet. Et d’appeler à la mise en place d’un système efficace, structuré et durable de lutte contre les cancers gynécologiques au Cameroun. Un système qui garantit l’accès équitable au dépistage, une prise en charge financière accessible, l’expansion des soins même dans les zones rurales, la continuité des soins et l’intégration de la prévention des cancers gynécologiques dans les politiques de santé et de protection des femmes. Car : « Investir dans la santé des femmes, c’est investir dans le développement, la stabilité et l’avenir de notre pays », a-t-elle conclut.

Nadège Christelle BOWA

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