
Après des mois d’incertitudes, de tensions et de préparatifs, les championnats professionnels de football au Cameroun sont enfin prêts à reprendre. Une date officielle a été actée : le 24 janvier 2026, mettant fin à une longue période de pause qui a pesé sur les clubs, les joueurs, les supporters et l’ensemble des acteurs du football national.
La décision a été prise lors d’une concertation entre les responsables des clubs professionnels et l’administration de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). Dans un climat oscillant entre espoir et exigence, les dirigeants ont levé une partie de l’incertitude qui planait sur l’organisation des championnats d’élite. Cette reprise concerne à la fois l’Elite One, le championnat de première division, et l’Elite Two, le second échelon du football professionnel camerounais. La reprise programmée pour le 24 janvier 2026 au stade municipal de Bafang sera marquée par un match d’ouverture opposant Unisport du Haut-Nkam à Aigle Royal de la Menoua, un duel attendu pour son intensité et sa symbolique : deux équipes issues d’une longue attente qui se retrouvent sur le terrain pour mesurer leurs ambitions dans cette nouvelle saison. Pour l’Elite One, les 14 clubs engagés retrouveront une formule à poule unique, une organisation qui avait été attendue après plusieurs saisons expérimentales à deux poules ou formats alternatifs.
Cette structure permettra à chaque équipe d’affronter l’ensemble de ses adversaires au cours de la phase aller et retour, avec un total de 26 journées réparties jusqu’au 10 juin 2026. Les enjeux sont clairs : le premier du classement sera sacré champion national et le dernier relégué en Elite Two, tandis que le 13ᵉ disputera un barrage pour tenter de se maintenir. L’objectif affiché par la Fécafoot est de replacer la qualité, l’attractivité et l’intégrité au centre du championnat. Après des saisons marquées par des critiques sur l’organisation, les formats et la transparence, cette reprise représente une opportunité pour l’instance dirigeante de restaurer la confiance des clubs et des passionnés de football à travers tout le pays.
Une attente longue et lourde de conséquences
La suspension prolongée des compétitions avait plongé le football camerounais dans une période de frustration et de tension. Avant l’annonce de la date, les clubs étaient sans compétition active depuis plus de six mois, une situation qui avait suscité de vives inquiétudes sur la préparation des équipes, la rémunération des joueurs et la compétitivité globale du championnat. Cette inactivité prolongée avait été dénoncée comme une crise profonde par certains observateurs du football national, qui pointaient du doigt des lacunes dans la gestion de la compétition par les instances concernées et une absence de vision claire sur le calendrier sportif.
Les joueurs, privés de matchs, voyaient leur préparation sportive et leur situation financière compromise, alors que les clubs multipliaient les matchs amicaux pour maintenir un semblant de rythme compétitif. Par ailleurs, les discussions autour du format de la compétition et des structures d’organisation ont été au centre des préoccupations. Certains spécialistes et acteurs du monde du football ont critiqué les réformes successives, estimant que le maintien de certaines formules « au rabais » témoignait d’un manque de cohérence stratégique dans la gestion du championnat.
Perspectives
Au-delà de l’aspect purement compétitif, la reprise du championnat professionnel camerounais est porteuse d’espoirs pour l’amélioration des conditions du jeu et la valorisation des talents locaux. Dans un contexte où le football demeure l’un des vecteurs culturels les plus puissants du pays, ce retour à la compétition est attendu avec impatience par les milliers de supporters qui vivent pour leurs clubs. Les clubs de l’Elite Two, bien que confrontés à une formule plus complexe avec des sous-poules et des play-offs, voient également dans cette relance l’occasion de redresser la barre après une longue période de silence sportif. Pour beaucoup, cette saison 2025-2026 représente bien plus qu’un simple calendrier de matchs : elle est perçue comme une réponse aux défis organisationnels, un test pour la gouvernance du football national et une chance de raviver l’enthousiasme autour du sport roi au Cameroun.
Moustapha BACHIROU



