
Dans une tribune publiée sur Facebook, l’avocat accuse l’opposition camerounaise d’avoir manqué une opportunité historique de renverser le pouvoir lors de la présidentielle du 12 octobre 2025.
Une tribune qui fait l’effet d’un électrochoc ! Hier, Maître Claude Assira, avocat au barreau du Cameroun et figure politique connue pour ses prises de position tranchées, a publié sur son compte Facebook une tribune intitulée « Demande d’explication à l’opposition ». Ce texte, largement relayé, constitue une charge virulente contre les partis d’opposition, accusés d’avoir échoué à capitaliser sur un contexte favorable pour provoquer l’alternance politique. « Vous avez raté une occasion d’entrer dans l’histoire et avez fait rater à notre cher et beau pays le Cameroun une chance de tourner une page de son histoire », écrit Assira, dénonçant une opposition divisée, paralysée par des ambitions personnelles et incapable de se coaliser. Il évoque une « trahison » politique et morale, soulignant que « si ce n’est pas vous, alors ce ne sera personne d’autre de l’opposition. Il vaut mieux moi que le Cameroun ».
Dans sa publication, Claude Assira dresse un portrait accablant du régime en place, qu’il qualifie de « spectral ». Il pointe l’absence de conseils de ministres, la désorganisation de l’administration, la déconnexion du président avec le peuple, et une gouvernance par procuration. Il évoque également « la déliquescence de la notion de service public, la corruption généralisée, le tribalisme, le népotisme, le clientélisme », ainsi que la perte d’influence du Cameroun sur la scène internationale. Selon lui, tous ces éléments constituaient des signaux clairs d’un affaiblissement du pouvoir en place, renforcés par une mobilisation inédite du clergé et des élites. Pourtant, l’opposition n’a pas su saisir cette opportunité. « Les tricheries évidentes, les brimades infligées à l’un d’entre vous, n’ont pas servi de détonateur pour vous rebeller et vous coaliser », déplore-t-il.
Silence et absence de stratégie
Claude Assira reproche à l’opposition son manque de stratégie et son silence face aux irrégularités du scrutin. Il rappelle que la présidentielle s’est tenue à un tour, dans un système où le pouvoir maîtrise l’ensemble du dispositif électoral. « La faiblesse physique du titulaire de la fonction ne pouvait être le seul argument pour espérer le déloger », écrit-il. Il évoque également le score officiel de certains candidats, notamment celui d’Issa Tchiroma Bakary, comme une preuve de l’échec collectif. « Ce score, bien que rabougri par les officines, ne constitue-t-il pas la seule preuve de votre traîtrise lors du jugement de l’histoire? », interroge-t-il. La publication de Claude Assira intervient dans un climat post-électoral tendu, marqué par des contestations et une crise de confiance dans les institutions.
Selon des observateurs internationaux comme la Fondation Carter et l’Union africaine, le scrutin du 12 décembre 2025 a été entaché d’irrégularités, sans que cela ne provoque une réaction coordonnée de l’opposition. L’avocat lance une question qui résonne comme un défi. « Peut-on vous faire confiance pour la suite? Vous nous devez des explications », conclut-il. Ce cri du cœur relance le débat sur la crédibilité, la cohésion et la capacité de l’opposition camerounaise à incarner une véritable alternative démocratique.
Michel NONGA



