
Pour seulement leur deuxième participation à une Coupe d’Afrique des Nations, les Comores vivent un moment historique. Héritant d’un honneur et d’un défi colossal, ils auront l’insigne privilège d’ouvrir la compétition face au pays hôte, le Maroc, le 21 décembre à Rabat — une affiche qui symbolise à la fois leur progression fulgurante et les obstacles auxquels ils doivent faire face.
Dirigés par l’Italien Stefano Cusin, les Cœlacanthes présentent un effectif entièrement composé de joueurs expatriés, majoritairement issus de la diaspora comorienne en France. Ce mélange de vécu européen et d’esprit de conquête se retrouve dans la sélection, où côtoient des cadres comme Youssouf M’Changama, l’attaquant expérimenté El Fardou Ben Nabouhane, ainsi que des talents jouant dans différents championnats européens. Les Comores ont obtenu leur qualification de manière brillante, terminant deuxièmes de leur groupe qualificatif après une victoire décisive contre la Gambie, marquant ainsi leur retour au tournoi continental après 2021. Cette progression s’inscrit dans un développement remarquable du football comorien, reconnu pour sa rapidité de montée en puissance dans les classements Fifa, fruit d’une stratégie de développement soutenue par la Fifa via des programmes d’appui au football national.
Cependant, des difficultés de préparation ont entaché leur préparation : une décision tardive de la Fifa sur la libération des joueurs par leurs clubs a contraint Comores à annuler un stage prévu en Tunisie et à réduire considérablement le nombre de séances avant le premier match. Cette situation complique l’appropriation des automatismes et place le groupe devant un défi organisationnel en plus du défi sportif. Après l’entrée dans la compétition contre le Maroc, les Comores affronteront la Zambie le 26 décembre à Casablanca, puis le Mali le 29 décembre dans un match décisif pour la qualification. Malgré la pression, cette équipe aborde la phase de groupes avec une sérénité caractéristique de l’outsider qui n’a rien à perdre et tout à gagner. Leur rêve reste de reproduire l’exploit de 2021, lorsqu’ils avaient surpris le Ghana et atteint les huitièmes de finale, confirmant que leur football continue de gagner en maturité et en confiance.
M.B.



