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Conférence des gouverneurs: Yaoundé renforce le verrou post-électoral

À l’ouverture de la conférence semestrielle des gouverneurs, Paul Atanga Nji appelle à la vigilance et à l’unité pour consolider l’ordre après les violences post-présidentielles.

Le bilan post-électoral sous le feu des projecteurs ! La deuxième conférence semestrielle des gouverneurs de régions s’est ouverte hier, mardi 25 novembre à Yaoundé, présidée par le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji. Placée sous le thème « Autorités administratives et maintien de l’ordre en période post-électorale », cette session intervient dans un contexte national encore marqué par les secousses suite à l’élection présidentielle du 12 octobre. Selon le ministre, bien que le scrutin ait été « crédible et transparent, organisé dans un environnement sécurisé », des « actes de violence, de vandalisme, de destruction » ont été enregistrés.  Il dénonce « un plan insurrectionnel » orchestré par des « ennemis de la République », notamment via des jeunes mineurs « sous l’emprise des stupéfiants et de l’alcool », impliqués dans des attaques contre les forces de l’ordre. Le bilan officiel livré à l’assemblée fait état d’environ 1 243 interpellations pour pillage, incendie et violence. Le ministre évoque aussi « des atrocités » commises, et indique que « les assaillants … répondront … devant les tribunaux compétents »

D’après les autorités, 20 décès auraient été enregistrés dans six régions, dont neuf dans le Littoral et quatre personnes piétinées. À moins d’une semaine des élections régionales prévues le 30 novembre, Paul Atanga Nji a lancé un message clair aux gouverneurs.« Vous devrez prendre toutes les mesures de sécurité requises, en mettant un accent particulier sur la sécurisation des électeurs, du personnel et du matériel d’Elections Cameroon », a-t-il recommandé. Il a mis en garde contre les menaces persistantes, alors que le pays s’apprête également à entrer dans la période très sensible des fêtes de fin d’année. Le ministre a exhorté les autorités administratives à se préparer à un « dispositif sécuritaire particulier » pour prévenir la criminalité urbaine, le grand banditisme, le terrorisme, mais aussi la « consommation abusive d’alcool, des drogues et autres produits stupéfiants ». En outre, la délégation de la gendarmerie et de la sûreté nationale doit présenter des stratégies renforcées de maintien de l’ordre, au cours de travaux conjoints avec les gouverneurs.

Lutte contre les discours de division

Paul Atanga Nji a rappelé l’importance d’une réponse globale face aux défis sécuritaires. Il a souligné que la conférence était une occasion de faire un état des lieux des recommandations précédentes, dont la lutte contre les discours haineux et xénophobes, l’encadrement des associations et partis politiques, et le renforcement du renseignement prévisionnel. Il a aussi insisté sur la nécessité d’une cohabitation pacifique entre communautés et d’un encadrement strict de la chefferie traditionnelle. Face à la montée inquiétante du trafic de drogue chez les jeunes, le Minat a lancé un avertissement : « des mesures devront être prises en vue de lutter sans faiblesse contre ce phénomène », a-t-il martelé.

Avant de saluer la « fermeté » des forces de défense et de sécurité. « L’autorité de l’État n’est pas négociable », a-t-il affirmé, saluant leur « professionnalisme et sang-froid » face aux provocations. Cette conférence semestrielle des gouverneurs marque un tournant, dans un Cameroun encore secoué par des violences post-électorales, le gouvernement veut afficher sa capacité à maintenir l’ordre tout en rassurant la population. Les prochains jours, entre les élections régionales et les fêtes de fin d’année, seront cruciaux.

Michel NONGA

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