
Une stratégie visant à refléter les réalités du terrain, mieux structurer les interventions et aligner les mécanismes nationaux sur les standards internationaux, dans un contexte marqué par près d’une décennie de crises sécuritaires, en gestation.
Le 9 décembre 2025 à Yaoundé, le coordonnateur du Comité national de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (Cnddr), Francis Faï Yengo, a ouvert un atelier de deux jours consacrés à la validation d’une Stratégie nationale de Ddr. Les attaques récurrentes de Boko Haram dans l’Extrême-Nord, tout comme la crise sociopolitique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ont contraint le Cameroun à combiner riposte sécuritaire et dispositif humanitaire. Depuis 2018, le gouvernement encourage les combattants à renoncer volontairement à la violence et à intégrer le processus Ddr. Fin novembre, lors d’un atelier à Yaoundé, Francis Faï Yengo a salué les progrès accomplis depuis la création du comité. Les chiffres communiqués font état de plus de 7 000 personnes déjà désarmées et de plus de 700 réinsérées dans leurs communautés, des résultats qualifiés d’encourageants par les experts.
Malgré ces avancées, spécialistes et partenaires estiment qu’une approche plus structurée s’impose pour prendre en compte les particularités de chaque foyer d’insécurité. La stratégie en cours d’élaboration répond à cette exigence. Les travaux de validation mobilisent plusieurs administrations : police, gendarmerie, ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, ministère de la Santé publique, ministère de la Justice, entre autres. L’initiative bénéficie également de l’appui technique de l’Union africaine (UA) et de la Commission du bassin du lac Tchad, deux institutions engagées aux côtés du Cameroun dans les efforts de stabilisation régionale.
Encourager les jeunes à déposer les armes et à réintégrer leurs communautés
Le 6 novembre dernier, lors de son discours de prestation de serment, le président Paul Biya a réitéré son offre de paix aux groupes armés, affirmant que la situation sécuritaire dans les régions affectées « s’est nettement améliorée » grâce à « l’action efficace » des forces de défense et de sécurité et à « l’engagement courageux » des populations. Il a également invité « les chefs traditionnels, les élites et les forces vives des régions affectées » à intensifier la sensibilisation pour encourager les jeunes à déposer les armes et à réintégrer leurs communautés après leur passage au Ddr. Le chef de l’État a toutefois mis en garde les irréductibles contre « les conséquences dramatiques de leur obstination ».
Créé le 30 novembre 2018 par décret présidentiel, le Cnddr a pour mission d’offrir une porte de sortie honorable aux ex-combattants de Boko Haram et des groupes armés du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Il organise et encadre leur désarmement, leur démobilisation et leur réinsertion socio-économique, afin de faciliter leur retour à une vie stable. La nouvelle stratégie nationale, en cours de finalisation, devrait permettre au Cameroun de renforcer la cohérence de son dispositif, d’améliorer les résultats du programme Ddr et d’inscrire ses efforts dans une perspective de paix et de stabilité durables.
Source : SBB



