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Convention interdite, le retour de Kamto fait des vagues

La sous-préfecture de Yaoundé IV a interdit la convention extraordinaire du Mrc prévue le 29 novembre, invoquant des risques de troubles à l’ordre public signalés par un ancien membre du parti.

Coup de théâtre dans la sphère politique camerounaise. Par arrêté signé le 27 novembre 2025, le sous-préfet de Yaoundé IV, Akondi Elvis Mbahangwen, a interdit la tenue de la convention extraordinaire du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), initialement prévue pour le 29 novembre à Odza. Le motif invoqué, une « menace grave de trouble à l’ordre public », signalée par Joseph Thierry Okala Ebodé, présenté comme membre fondateur du parti. Ce dernier, pourtant exclu du Mrc depuis quelques jours, a adressé une correspondance aux autorités administratives pour alerter sur les risques que ferait peser cette réunion politique. Une démarche qui a suscité l’indignation dans les rangs du parti. Dans un communiqué signé le même jour, le président national par intérim du Mrc, Mamadou Mota, a annoncé le report de la convention à une date ultérieure. « Les dispositions relatives à la nouvelle programmation seront communiquées en temps voulu », précise-t-il, tout en appelant les militants au calme et à la discipline.

Le retour de Kamto, catalyseur des tensions

Selon plusieurs sources internes, elle visait à entériner le retour officiel de Maurice Kamto à la tête du Mrc, après une période de retrait stratégique. « Tout est en train d’être mis en place pour que le président élu de cœur retrouve sa place naturelle », confiait Clovis Kamdem, un militant du parti. Mais ce retour annoncé ne fait pas l’unanimité. Des dissensions internes ont émergé, certains cadres dénonçant un processus de désignation jugé opaque. La Commission électorale du parti avait pourtant validé une liste unique de candidatures pour cette convention, conformément aux statuts et règlements internes du Mrc. La manœuvre d’Okala Ebodé, perçue comme une tentative de sabotage, ravive les tensions entre les différentes factions du parti. Pour de nombreux observateurs, cette interdiction administrative révèle les fragilités d’un parti en quête de stabilité, à l’heure où il tente de se repositionner sur l’échiquier politique national. La décision du sous-préfet soulève également des interrogations sur la liberté d’association et de réunion au Cameroun.

Bien que la loi de 1990 encadre les manifestations publiques, son application reste sujette à controverse. Le Mrc, qui a déjà connu plusieurs interdictions de meetings et d’activités ces dernières années, voit dans cette nouvelle mesure une entrave à son fonctionnement démocratique. Pour ses militants, la convocation de la convention visait à relancer la dynamique du parti, affaiblie par les divisions internes et les pressions extérieures. Alors que le climat politique reste tendu, l’avenir du Mrc semble suspendu à la capacité de ses dirigeants à surmonter les querelles intestines et à maintenir le cap vers une alternance démocratique. En attendant, la base militante reste mobilisée, dans l’espoir d’une nouvelle date pour cette convention tant attendue.

Michel NONGA

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