
La visite du Vice-président équato-guinéen à la Snh renforce la coopération bilatérale entre le Cameroun et la Guinée équatoriale autour de ce projet qui consiste en l’exploitation conjointe, de champs gaziers d’un potentiel estimé à 2500 milliards de m3 de gaz naturel, situé de part et d’autre de la frontière maritime entre les deux pays.
Silence, ça carbure ! La Société nationale des hydrocarbures (Snh) a accueilli le 19 novembre dernier une visite de haut niveau qui marque un tournant dans la coopération énergétique en Afrique centrale. Teodoro Nguema Obiang Mangue, Vice-président de la République de Guinée équatoriale, hôte du président Paul Biya, s’est rendu au siège de la Snh à Yaoundé pour échanger avec son top management sur les avancées du partenariat bilatéral entre les deux pays dans le secteur des hydrocarbures. Cette rencontre, qualifiée d’« exceptionnelle et historique » par les responsables de la Snh, s’inscrit dans une dynamique de coopération sud-sud exemplaire. « C’est la première visite d’un Chef d’État au Cameroun en cette entame du septennat placé sous le signe de la Grandeur et de l’Espérance », a déclaré Adolphe Moudiki, Administrateur-Directeur général de la Snh, exprimant sa gratitude pour le soutien apporté au développement de Tradex, filiale de la Snh.
Au cœur des échanges, le projet d’exploitation du champ gazier transfrontalier Yoyo-Yolanda, fruit d’un accord bilatéral signé le 17 mars 2023 à Yaoundé par les présidents Paul Biya et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Déposé à l’Onu en janvier 2025, cet accord constitue la base d’un projet énergétique structurant pour la sous-région. Il vise à valoriser les ressources gazières partagées par les deux pays, dans une logique de souveraineté énergétique et d’intégration régionale. «Le projet Yoyo-Yolanda est un catalyseur de prospérité sous-régionale et un levier d’intégration pour l’Afrique centrale toute entière », a affirmé le Vice-président équato-guinéen, saluant la convergence de vues entre Yaoundé et Malabo sur la nécessité d’accélérer les travaux.
Clarifier plusieurs points techniques et juridiques
Les discussions ont permis de clarifier plusieurs points techniques et juridiques liés à l’exploitation conjointe du champ gazier. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de maintenir une dynamique de concertation, notamment à travers des sessions bilatérales préalables aux réunions avec les opérateurs. Cette méthode a permis de faire accepter par toutes les parties prenantes l’option de développement validée par les deux États. La Snh a également obtenu la validation de sa demande visant à exclure toute entité du groupe Glencore, condamné en novembre 2022 à Londres pour corruption, des accords liés au projet Yoyo-Yolanda. Cette décision illustre l’engagement des deux pays à garantir la transparence et l’intégrité dans la conduite de ce projet stratégique.
Au-delà des enjeux techniques, cette visite incarne une vision panafricaine fondée sur la fraternité, la souveraineté et la coopération. Elle témoigne de la volonté des deux États de bâtir une Afrique centrale forte, capable de tirer le meilleur parti de ses ressources naturelles au bénéfice de ses populations. Le Cameroun, à travers la Snh, montre au monde une Afrique silencieuse mais déterminée, une Afrique qui mise sur l’ingéniosité et l’expertise pour transformer ses richesses en leviers de développement. Cette alliance énergétique entre deux pays frères, unis par l’histoire et la géographie, trace les contours d’un avenir commun fondé sur la solidarité et la performance.

Des retombées financières appréciables
Quelques heures plus tôt, sur le perron du palais de l’Unité, où il a été reçu en audience par le chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, le vice-président de la République de Guinée équatoriale avait déjà lancé le même appel à l’attention des investisseurs camerounais. « Nous pensons que des sociétés camerounaises de grande envergure peuvent s’installer en Guinée équatoriale, pour obtenir aussi des parts de marché dans notre pays. Nous souhaitons qu’il y ait dans les prochains jours, un voyage d’une grande délégation des hommes d’affaires camerounais en direction de la Guinée équatoriale. Qu’ils puissent venir surplace pour discuter et voir comment on peut améliorer les conditions d’investissement en vue du déploiement de leurs activités en Guinée équatoriale », a annoncé Teodoro Nguema Obiang à sa sortie du palais présidentiel à Yaoundé. Le propos du vice-président de la Guinée équatoriale semble traduire la volonté des autorités de Malabo de se départir d’une réputation de pays hostile à certains étrangers. « Nous ouvrons la porte pour attirer les investisseurs camerounais », a insisté Teodoro Nguema Obiang Mangue lors de son passage à la Snh, où lui a été présenté l’état d’avancement du projet gazier Yoyo-Yolanda. Ce projet consiste en l’exploitation conjointe, par le Cameroun et la Guinée équatoriale, de champs gaziers d’un potentiel estimé à 2500 milliards de m3 de gaz naturel, situé de part et d’autre de la frontière maritime entre les deux pays. « Je formule l’espoir que votre séjour en terre camerounaise donne un coup d’accélérateur à la matérialisation de ce projet, dont les retombées pour le Cameroun, tout comme pour la Guinée équatoriale, sont plus qu’appréciables », a indiqué Nathalie Moudiki, la représentante de l’administrateur directeur général de la Snh à la séance de travail avec le vice-président équato-guinéen. Teodoro Nguema Obiang a également eu droit à la présentation du projet de construction d’une raffinerie de pétrole et d’un dépôt stratégique de produits pétroliers à Kribi, la cité balnéaire du Sud du Cameroun.
F.E.



