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Cour suprême: Le temps du président, le printemps des femmes

Par décret signé le 20 novembre 2025, le président de la République, Paul Biya, a nommé Marie Claire Dieudonnée Nseng Elang au poste de procureur général près la Cour suprême, faisant d’elle la première femme à occuper cette prestigieuse fonction. Elle succède au magistrat Luc Ndjodo, décédé le 1ᵉʳ août dernier à l’âge de 72 ans.

Magistrate hors hiérarchie, Marie Claire Dieudonnée Nseng Elang occupait jusqu’à sa nomination le poste de directrice des Affaires générales au ministère de la Justice, fonction qu’elle exerçait depuis août 2020. Diplômée de l’École nationale d’administration et de magistrature (Enam), elle y a également siégé au conseil d’administration, en vertu d’un décret présidentiel signé en mars 2019. Elle débute sa carrière en 1988 comme substitut du procureur de la République auprès des tribunaux de première et grande instance de Yaoundé, poste qu’elle occupe jusqu’en 1994. Elle exerce ensuite les mêmes responsabilités à Mbalmayo, avant de regagner la capitale. En 2001, elle est nommée contrôleur à l’Inspection des services judiciaires, puis promue inspecteur à l’Inspection générale des services judiciaires en 2012. Le 10 août 2020, elle accède à la direction des Affaires générales du ministère de la Justice, qu’elle dirige jusqu’à sa désignation comme procureure générale près la Cour suprême.

La promotion de Mme Nseng Elang – promue officier de l’Ordre de la valeur par décret présidentiel le 27 novembre 2024 – intervient deux semaines après l’investiture du président Paul Biya, durant laquelle il avait réaffirmé que les femmes et les jeunes seraient au cœur de son nouveau septennat. Dans son discours du 6 novembre à l’Assemblée nationale, le chef de l’État avait insisté sur son ambition de « promouvoir une meilleure responsabilisation et une meilleure protection des jeunes et des femmes », annonçant un renforcement de leur accès aux hautes responsabilités, ainsi qu’un soutien accru aux métiers et secteurs attractifs pour les jeunes filles. La nomination d’une femme à la tête du parquet général de la Cour suprême, institution clé du pouvoir judiciaire, apparaît ainsi comme la première traduction concrète de cet engagement politique.

Contrôle de légalité des décisions rendues

Le procureur général près la Cour suprême est l’une des plus hautes autorités de la magistrature camerounaise. En tant que telle, Marie Claire Dieudonnée Nseng-Elang supervisera la politique pénale au niveau national, les instructions judiciaires portées devant la Cour suprême, le contrôle de légalité des décisions rendues par les juridictions inférieures et la coordination avec les procureurs généraux près les cours d’appel. La fonction est d’autant plus stratégique que la Cour suprême demeure l’ultime instance dans de nombreux contentieux, notamment ceux touchant à la discipline des magistrats, aux comptes publics ou au contentieux administratif.

Avec cette nomination, Marie Claire Dieudonnée Nseng-Elang marque l’histoire judiciaire du Cameroun. Après plus de trente années de carrière au sein du corps de la magistrature, cette femme réputée pour sa rigueur professionnelle et son intégrité accède à l’une des plus hautes fonctions de l’État. Son entrée en fonction ouvre une nouvelle page pour l’institution, à un moment où les attentes citoyennes en matière de transparence, d’efficacité judiciaire et d’indépendance de la justice sont particulièrement fortes.

SBB

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