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David Pagou: Une bonne dose de discipline pour redonner une âme aux Lions

Après des mois de crise institutionnelle, la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) a opéré un virage radical en confiant les rênes des Lions Indomptables à David Pagou. À moins de trois semaines de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, ce technicien local, méconnu sur la scène internationale mais respecté dans son pays, hérite d’une mission périlleuse : restaurer l’unité et la fierté d’une sélection en pleine turbulence.

Un homme, qui connait le ballon ! David Pagou, âgé de 56 ans et originaire de Buéa dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, représente le profil de l’entraîneur ayant gravi tous les échelons du football local. Formé à l’Institut national de la jeunesse et des sports (Injs), il a forgé son expérience depuis les années 1990 sur les terrains du championnat camerounais, avec des passages à l’Apejes de Mfou et au Cosmos de Bafia dans un premier temps. Sa carrière a connu un tournant décisif au début des années 2020. À la tête du Pwd Bamenda, un club dont il a écrit les plus belles pages, il a réalisé un doublé historique : la conquête du championnat du Cameroun en 2020, suivi de la victoire en Coupe du Cameroun en 2021.

Cette réussite lui a valu d’être élu meilleur entraîneur de la saison 2023-2024, confirmant son statut de technicien méthodique et couronné de succès. Avant sa promotion au poste de sélectionneur, il officiait comme entraîneur du Coton Sport de Garoua, tout en occupant depuis plusieurs mois un rôle d’adjoint au sein du staff des Lions Indomptables, ce qui l’a familiarisé avec les coulisses souvent mouvementées de la sélection nationale.

Un nouveau pacte : la discipline avant les étoiles

Dès sa première prise de parole, David Pagou a fixé le cap de son mandat. « Je suis un enfant de militaire, donc on va essayer de restaurer la discipline », a-t-il déclaré, annonçant son intention de « donner une autre image à cette équipe » et de « redonner la joie aux camerounais ». Cette philosophie, héritée de son éducation, s’est immédiatement traduite par des actes forts lors de l’annonce de la liste pour la Can 2025. Le nouveau sélectionneur a en effet pris la décision radicale d’écarter plusieurs cadres emblématiques de l’équipe. Le gardien André Onana, les attaquants Vincent Aboubakar et Éric Maxim Choupo-Moting, ainsi que les joueurs de champ Moumi Ngamaleu et Michaël Ngadeu ont tous été exclus du groupe.

Ces joueurs, bien que performants dans leurs clubs respectifs, avaient publiquement affiché leur soutien à Marc Brys lors de son bras de fer avec la Fécafoot. Pagou a justifié ces choix par la nécessité de créer « un autre état d’esprit » au sein du groupe, affirmant qu’« un entraîneur doit faire des choix. Pour choisir, il faut éliminer ». Cette purge, perçue par beaucoup comme une épuration politique visant les soutiens de l’ancien coach, lance un cycle de renouveau avec de nouveaux visages comme Christian Kofane ou Éric-Junior Dina Ebimbe.

Le défi immédiat de la Can 2025

La mission de David Pagou est d’une extrême urgence.Les Lions Indomptables devront affronter, dans le groupe F de la Can au Maroc, un « groupe de la mort » composé de la Côte d’Ivoire, tenante du titre, du Gabon et du Mozambique. L’ambition affichée est de faire mieux que l’élimination en huitièmes de finale subie lors de l’édition 2024. Pagou, qui affirme savoir « exactement ce qu’il faut faire pour gagner », devra réaliser cet exploit avec une équipe privée de ses leaders et dans un contexte de préparation extrêmement compressé.

Les réactions et les doutes

Cette nomination, perçue comme un coup de force de Samuel Eto’o pour reprendre le contrôle total de la sélection, ne fait pas l’unanimité. Certains observateurs, expriment des doutes sur la capacité d’un entraîneur dont toute l’expérience a été acquise localement à manager avec succès un vestiaire rempli de stars évoluant dans les plus grands championnats européens. Ils questionnent la logique sportive d’un tel changement à l’approche d’un tournoi continental et voient en Pagou une « marionnette » de la fédération. D’autres, en revanche, saluent la promotion d’un technicien camerounais et y voient une opportunité de valoriser les compétences locales, rappelant que des sélectionneurs sans passé de joueur professionnel ont déjà connu de grands succès.Moustapha

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