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Depuis Rome…Le pape appelle à la libération des chrétiens enlevés au Cameroun

Devant près de 60 000 fidèles rassemblés place Saint-Pierre, le pape Léon XIV (photo) a lancé, dimanche 23 novembre 2025, un appel en faveur de la libération immédiate des personnes enlevées ces derniers jours au Cameroun, mais aussi au Nigeria.

S’exprimant avant la prière de l’Angélus, le souverain pontife a fait part de son « immense tristesse » après des enlèvements visant notamment des prêtres, des fidèles et de jeunes étudiants, rapporte Vatican News. Le pape, qui doit prochainement se rendre au Cameroun, a dit ressentir « une grande douleur, surtout pour les nombreux jeunes garçons et filles séquestrés et pour leurs familles angoissées ». Il a exhorté les ravisseurs à libérer « immédiatement » tous les otages, tout en appelant « les autorités compétentes à prendre les décisions appropriées et rapides » pour garantir leur libération. Léon XIV a conclu son intervention en invitant les fidèles à « prier pour nos frères et sœurs » et pour que « les églises et les écoles restent toujours et partout des lieux de sécurité et d’espérance », selon la même source. Cette prise de parole intervient dans un contexte de montée des violences visant particulièrement les prêtres dans les régions anglophones du Cameroun, en proie à une crise sociopolitique depuis fin octobre 2016.

Selon un communiqué de l’archidiocèse de Bamenda, un prêtre et son assistant ont été enlevés le 15 novembre à Baba I, dans la commune de Babessi (région du Nord-Ouest), par des hommes se présentant comme des combattants séparatistes. Trois jours plus tard, le 18 novembre, quatre autres prêtres et un laïc, partis négocier la libération des deux premiers otages, ont été à leur tour séquestrés. Si tous ont été relâchés deux jours plus tard, un prêtre demeure retenu captif. Les ravisseurs exigeraient une rançon, mais l’Église locale réaffirme sa doctrine : « L’Église ne paie jamais ». Face à la situation, l’archevêque de Bamenda, Mgr Andrew Nkea, a déclaré être prêt à marcher lui-même avec les religieux et les laïcs du doyenné jusqu’au lieu de captivité le 28 novembre prochain si le prêtre n’est pas libéré.

Enlèvements massifs d’élèves

Depuis le début de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui s’est muée en conflit armé en 2017, les établissements scolaires sont régulièrement la cible d’attaques et d’enlèvements. Les groupes séparatistes armés, qui réclament l’indépendance de ces deux régions, ciblent particulièrement les écoles afin de perturber les activités académiques. Des enlèvements massifs d’élèves ont marqué les dernières années : en novembre 2018, 79 élèves de l’école presbytérienne de Nkwen (Bamenda) ont été kidnappés, puis en février 2019 plus de 170 élèves ont été enlevés à Kumbo.

Ces attaques ont eu un effet dévastateur sur l’éducation, provoquant la fermeture de nombreuses écoles et instaurant un climat de peur permanent parmi les élèves, les enseignants et les parents. L’intervention du pape Léon XIV intervient ainsi dans un contexte de recrudescence des violences dans les zones anglophones du Cameroun. Elle constitue un signal fort adressé à la communauté internationale et aux autorités locales pour qu’elles intensifient les efforts en vue d’obtenir la libération des otages et de rétablir la sécurité dans les zones touchées. Alors que la situation demeure tendue, l’Église catholique romaine se retrouve une nouvelle fois en première ligne, à la fois cible des violences et voix morale appelant au dialogue, à la protection des civils et à la paix.

SBB

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