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Des failles logistiques perturbent le scrutin

Les difficultés d’identification des électeurs ont été aggravées par la saturation du site internet d’Elections Cameroon (Elecam), censé permettre la vérification des inscriptions.

Les électeurs de la commune de Yaoundé 6 se sont rendus aux urnes le 12 octobre 2025 dans une atmosphère paisible, mais non sans heurts organisationnels.


Claver Etoundi, président de l’Association des professionnels des métiers de l’infocom, déployé comme observateur, livre un témoignage contrasté sur le déroulement du scrutin dans cette circonscription stratégique de la capitale.

« Le scrutin s’est déroulé dans le calme et la sérénité dans la Commune de Yaoundé 6, où j’ai été appelé à accomplir mon devoir d’observateur », affirme-t-il.

Toutefois, il déplore « l’absence de coordination sur les différents sites face à l’afflux de potentiels électeurs rencontrés, visiblement déboussolés et souvent résignés, parce que ne trouvant pas leurs noms sur les listes électorales devant le bureau de vote ».


Ce constat rejoint les préoccupations soulevées par plusieurs plateformes citoyennes et observateurs internationaux. Les difficultés d’identification des électeurs ont été aggravées par la saturation du site internet d’Elecam, censé permettre la vérification des inscriptions.

« L’alternative fastidieuse du recours au site internet d’Elecam saturé », souligne Etoundi, « a laissé de nombreux électeurs sans solution ».


Autre source de confusion : la ressemblance des bulletins de vote de deux candidats en compétition. Ce détail, apparemment mineur, a semé le doute chez plusieurs électeurs, notamment les personnes âgées ou peu alphabétisées.

À cela s’ajoute « l’absence de plusieurs représentants des candidats en lice dans les bureaux de vote », une situation qui soulève des interrogations sur la transparence du dépouillement et le respect du pluralisme électoral.


Malgré ces irrégularités, Claver Etoundi tient à saluer l’engagement des acteurs du processus : « En somme, il y a lieu de se féliciter du travail accompli de tous les acteurs du processus électoral », conclut-il.


Les dysfonctionnements observés à Yaoundé 6 ne sont pas anecdotiques. Ils interrogent sur la capacité du système électoral à garantir une participation inclusive et transparente.

Alors que la centralisation des résultats se poursuit et que les commissions départementales achèvent leur travail de compilation, les regards restent tournés vers Elecam.

À Yaoundé 6, comme ailleurs, les électeurs ont fait preuve de patience et de civisme. Mais les failles observées rappellent que la démocratie ne se mesure pas seulement à la paix du jour du vote, mais à la rigueur de chaque étape du processus.


Michel NONGA

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