
À Yaoundé, l’ambassade d’Algérie a commémoré le 71e anniversaire de la Révolution du 1er novembre 1954, en réaffirmant son engagement panafricain et ses liens stratégiques avec le Cameroun.
La ville aux sept collines a accueilli, samedi dernier 29 novembre 2025, une cérémonie empreinte de solennité et de fraternité. À l’occasion du 71e anniversaire du déclenchement de la Révolution algérienne du 1er novembre 1954, l’ambassadeur d’Algérie au Cameroun, Abdallah Boukemmache, a réuni un parterre de personnalités camerounaises et étrangères pour célébrer un moment fondateur de l’histoire de son pays. Parmi les invités figuraient des membres du gouvernement camerounais, des parlementaires, des diplomates, des officiers supérieurs de l’armée et des représentants religieux. Dans son allocution, le diplomate a rappelé la portée historique de cette révolution qui mit fin à 132 ans de colonisation française. « La glorieuse Révolution de Novembre constitue un moment charnière dans l’histoire de l’Algérie », a-t-il déclaré, soulignant qu’elle a permis de « restaurer l’identité et la culture algériennes » et de « consacrer la souveraineté nationale ». Il a cité Mourad Didouche, héros tombé au combat en 1955, dont les mots résonnent encore : « si nous venions à mourir… défendez notre mémoire ».
L’ambassadeur Boukemmache a profité de cette commémoration pour réaffirmer la vocation panafricaine de la diplomatie algérienne. « L’histoire de la lutte de notre pays contre le colonialisme a profondément façonné sa perception des relations internationales », a-t-il expliqué. L’Algérie, membre non permanent du Conseil de sécurité de l’Oni, s’illustre par son soutien constant au droit à l’autodétermination, notamment pour les peuples palestinien et sahraoui. Il a également mis en avant les projets d’intégration régionale portés par Alger, tels que la Route Transsaharienne, la dorsale à fibre optique Alger–Abuja et le gazoduc Alger–Lagos. Ces infrastructures, a-t-il précisé, « contribuent directement à la réalisation des objectifs de l’Agenda 2063 » de l’Union africaine. Dans cette dynamique, l’Algérie accueillera dès le 30 novembre une Conférence internationale sur les crimes du colonialisme en Afrique, dont la déclaration finale sera soumise au Sommet de l’Union africaine en février 2026.
La coopération algéro-camerounaise en pleine expansion
La soirée a également été l’occasion de célébrer les progrès de la coopération bilatérale entre l’Algérie et le Cameroun. « Nos deux nations partagent bien plus qu’une même identité africaine : elles sont liées par une histoire de lutte commune, une vision panafricaine convergente et une aspiration partagée à la prospérité », a affirmé l’ambassadeur. Il a salué les visites de haut niveau qui ont jalonné les deux dernières années, notamment celles des ministres camerounais des Affaires étrangères, de la Défense et de l’Agriculture. Un accord agricole a été signé, et une mission technique camerounaise s’est rendue à Alger en novembre pour bénéficier de l’expertise algérienne en matière de recensement agricole. Une dizaine d’accords sectoriels sont en cours de finalisation, avec une signature prévue lors de la prochaine session de la Commission mixte de coopération à Yaoundé. La coopération militaire, notamment dans la formation spécialisée, connaît également un nouvel élan, avec la clôture récente des travaux de la Commission mixte militaire.
La culture et l’éducation occupent une place centrale dans cette dynamique. L’ambassadeur a rappelé la signature d’un accord sur les archives et la mémoire, ainsi que la finalisation prochaine d’un cadre de coopération dans l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. En 2025, l’Algérie a octroyé plus de 160 bourses à des étudiants camerounais. L’ambassadeur a annoncé la tenue, dès le 30 novembre, d’une Conférence internationale sur les crimes du colonialisme en Afrique, organisée en partenariat avec l’Union africaine. « Une déclaration sera adoptée […] pour la codification des crimes coloniaux, la reconnaissance de leurs impacts et l’élaboration d’une stratégie africaine de justice et de réparation », a-t-il précisé. La soirée s’est conclue dans une ambiance conviviale autour de mets traditionnels algériens, scellant dans la chaleur du partage les promesses d’un avenir commun. « Vive l’Algérie, vive le Cameroun, vive l’amitié algéro-camerounaise », a lancé Abdallah Boukemmache, sous les applaudissements nourris de l’assistance.
Franck ESSOMBA



