
La dépouille de Manekeu épouse Djoufack Régine, disparue lors du double éboulement de novembre 2024 à Dschang, a été exhumé le 12 janvier 2026 par les équipes communales.
C’est une découverte lourde de sens qui a marqué le début de cette nouvelle année 2026 à Dschang dans le département de la Menoua, région de l’Ouest du Cameroun. Le corps de Manekeu épouse Djoufack Régine, âgée de 77 ans, portée disparue depuis l’effondrement de la falaise de Dschang le 5 novembre 2024, a été exhumé lundi dernier par les équipes du service d’hygiène et de salubrité de la commune. La dépouille, en état de décomposition avancée, a été découverte au même endroit où la terre avait englouti plusieurs personnes lors de ce double glissement de terrain qui avait fait de nombreuses victimes et bloqué la circulation sur l’axe stratégique reliant Dschang à Santchou et au-delà.
L’éboulement survenu sur un tronçon escarpé couramment appelé falaise de Foréké avait initialement été provoqué par de fortes pluies et l’instabilité des sols, caractéristiques des hautes terres de l’Ouest, où la combinaison de reliefs abrupts, de pluies abondantes et d’une absence de systèmes de drainage efficaces favorise les glissements de terrain. Dans les jours qui ont suivi l’accident, les autorités avaient engagé des opérations pour extraire les victimes ensevelies, mais seule la fille de Mme Manekeu avait été retrouvée parmi les premiers corps dégagés. Les familles des autres disparus vivaient depuis lors dans l’attente de nouvelles qui, pour beaucoup, semblaient s’éloigner avec le temps.
Mobilisation continue des autorités locales
La découverte du corps de la septuagénaire a été rendue possible grâce à la persistance des travaux de réhabilitation et d’excavation sur le site, pilotés par le maire de la commune, Jacquis Kemleu, et menés en coordination avec les services administratifs et les équipes techniques. Sur place, le chef du service d’hygiène, Nangmo Hubert, a dirigé l’opération de dégagement malgré les conditions difficiles qui perdurent sur cette portion de route tragiquement célèbre. La présence des autorités locales, y compris représentations préfectorales et sous-préfectorales, souligne l’importance accordée à cette phase finale de recherche des victimes, une démarche autant humaine que symbolique pour les familles et la communauté entière. La famille de Mme Manekeu a pu identifier formellement le corps grâce à ses effets personnels, notamment des vêtements, une sacoche contenant un téléphone, une somme d’argent et d’autres objets. Cette identification a permis la remise de la dépouille à ses proches pour inhumation au village de Litieu à Foréké-Dschang, marquant ainsi la fin d’un long et pénible chapitre pour ses proches. Alors que les travaux de sécurisation et d’amélioration de la route se poursuivent, la mémoire des disparus reste vivante dans les villages et auprès des usagers de cet axe important pour l’économie locale.
Depuis la catastrophe, les autorités ont entrepris un projet de reconstruction de la traversée de la falaise avec un nouvel alignement routier et des mesures de gestion des eaux de pluie pour réduire les risques futurs, soulignant à la fois la fragilité naturelle du terrain et la nécessité d’infrastructures plus résilientes. Ce dénouement, bien que tragique, apporte une forme de clôture à une souffrance inachevée pour la famille de Mme Manekeu et rappelle l’urgence de mesures durables pour protéger les populations vivant à proximité de zones à risque, là où la nature a brutalement rappelé sa force.
Michel NONGA



