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Éducation: Le Snicomp crie à l’injustice et écrit au Pm

Dans une lettre que le Syndicat national des instituteurs contractuels et maîtres des parents (Snicomp) a adressé au Premier ministre, Chief Joseph Dion Ngute hier mardi, 18 novembre 2025 les enseignants du primaire dénoncent l’intégration à double vitesse dans les écoles normales.

Le Snicomp (Syndicat national des instituteurs contractuels et maîtres des parents) s’indigne de l’intégration à double vitesse dans les écoles normales. Charles René Koung, son président national, relève l’indifférence des pouvoirs publics face aux enseignants du primaire. Prenant pour point de départ l’annonce du président de la République, le 6 novembre, de la réouverture des concours directs dans les Écoles normales supérieures (Ens) et Écoles normales supérieures de l’enseignement technique (Enset), qui donnent, à nouveau, lieu à l’intégration à la fonction publique en fin de formation, ceci après trois années d’interruption, le Snicomp relève qu’après avoir été utilisé comme instituteurs vacataires durant la période 1996 à 2007 sans reconstitution de carrière, le calvaire se poursuit, jusqu’à ce jour, par un passage comme instituteur contractuel pendant dix ans avant d’être enfin intégré.

Alors que la décision du président de la République intervient pour les Ens/Enset, « les instituteurs sont, explique C.R. Koung, forcés de faire face aux affres du chômage à leur sortie de formation ». Cette corporation syndicale s’interroge alors si les instituteurs sont des enseignants au rabais pour mériter ce manque de considération. Le Snicomp dit vouloir attirer l’attention sur cette disparité qui, selon les termes de la lettre, saute à l’oeil nu et qui semble avoir été délibérément oubliée. Le Snicomp ajoute que l’objectif ne consiste point à créer une polémique qui mettrait en rivalité les produits des Ens/Enset contre ceux des Enieg/Eniet.

Corriger une injustice

 « Nous sommes très conscients du fait que tous les enseignants de la base au supérieur connaissent des conditions de vie et de travail assez difficiles. Nous savons aussi que plusieurs de nos revendications (Statut particulier, Forum national de l’éducation, rappels, prises en charge, etc) sont restées sans suite à ce jour », indique C.R. Koung. Le syndicaliste poursuit et fait savoir que depuis 2000, « l’on a imposé aux instituteurs des tests de recrutement comme contractuels alors que ces derniers étaient, tout simplement, recrutés par simple sélection selon l’ancienneté du diplôme. Cette situation assez fâcheuse a créé un taux de chômage anormalement élevé avec les instituteurs formés qui attendent plus de dix ans avant d’être recrutés ». 

Au moment où l’on finit par les recruter, parfois à la limite de l’âge requis, ils ont déjà perdu le zèle et l’engouement de départ.  De plus, le retard dans la prise en charge et les rappels y afférents finissent par tuer complètement, chez eux, toute conscience professionnelle. « L’argument selon lequel les Ens/Enset sont moins nombreuses que les Enieg/Eniet est-il vraiment pertinent lorsqu’on sait que l’effectif total des enseignants du secondaire est bien plus élevé que celui de l’éducation de base ? », s’interroge le président national du Snicomp, qui, in fine, plaide pour que le Chef de l’État du Cameroun décide aussi de l’organisation des concours directs dans les Enieg/Eniet. Question de corriger cette injustice qui n’a que trop duré et qui a, hélas, sacrifié de nombreuses générations d’instituteurs.

Serge Aimé BIKOI

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