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Ekounou: Le film de l’audience au Tribunal de première instance

Le Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou vient d’ordonner la mise en liberté du journaliste de Naja TV, attendu devant cette même juridiction le 17 février prochain « pour la poursuite des débats ».

Il est 10h et 12mn, heure à laquelle nous arrivons au Tribunal de première instance (Tpi) d’Ekounou. Sont déjà installés en salle d’audience Brand Kamga, journaliste à Naja Tv, assisté de son conseil constitué de Me Hippolyte Meli et Guy Léonard Gueyo. Les trois discutent allègrement et sans relâche. Serein, jovial, voire convivial, Brand Kamga échange avec son conseil sans discontinuer au point parfois de s’esclaffer sans scrupules. En ce moment, nous avons l’impression d’être seul en salle d’audience accompagné de quelques membres des familles des détenus et prévenus, dont les affaires sont examinées. Mais quelques minutes après, une consœur nous rejoint où nous sommes assis non loin de Brand et de ses avocats. Brand jette un coup d’œil au fond de la salle et nous aperçoit juste derrière lui et lance un sourire. Concomitamment, Me Meli regarde aussi derrière et nous voit. Il lance : « SAB tu es là ? C’est comment ? » Je réponds : « Oui Bonjour Me ».

Illico presto, j’avance et je salue, tour à tour, Brand, Hippolyte et Guy Léonard. À 11h, une fonctionnaire de l’administration pénitentiaire permet à Brand d’échanger avec ses confrères. Brand me fait signe, je me rapproche de lui, puis nous sortons, tous les deux, ensemble. À l’extérieur de la salle d’audience, Brand et moi engagions une conversation au cours de laquelle il me raconte ce contentieux qui l’oppose à la plaignante, dame Wandji. Un contentieux assorti de contours flous et farfelus selon certaines grilles de lecture. Quelques instants après, Olivier Bouzikeu, journaliste à Stv, Dimitri Amba, journaliste à Sky one radio, Guy Zogo, Joël Essengue, journalistes d’Équinoxe Tv, Jeanice Kamga et Fotso de Canal 2 international, Hubert Noutchehe, promoteur de Nkprodcm, Yaya Idrissou, de Marabhainfo, Olivier Ndongmo de Canal 24, etc nous rejoignent sur place.

Ma vie à Kondengui…

Salutations, accolades, s’enchaînent. Les échanges se poursuivent entre confrères et Brand. L’atmosphère est bon enfant. Tous rassurent à Brand que cette affaire va connaître un dénouement. D’autres intriguent Brand et lui disent qu’il a pris des kilos et qu’il a, de surcroît, bruni. L’un d’entre nous lui dit sans ambages : « Mon frère, tu fais le Djansang là-bas ? Tu es devenu encore plus brun mon frère. Mieux, tu restes même encore là-bas ». Tous ensemble, nous rions aux éclats. Brand, qui reste stoïque, nous raconte qu’il y a des histoires plus cocasses à la prison centrale de Yaoundé qui lui sont relatées au point d’avoir même pitié de certains détenus et prévenus qu’il a rejoint dans ce milieu carcéral. Il jette les fleurs au Pr Alain Fogue, ancien trésorier national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), qui l’a accueilli et l’a encadré et galvanisé.

Durant ces échanges, la gardienne de prison qui surveille nos faits et gestes, demandent à Dimitri Amba et à moi : « c’est comment ? Vous restez toujours avec lui (Brand) ? Entre-temps, je fais quoi ici ? » Et Amba et moi de lui demander : « que veux-tu ? Une bière ? On te fait asseoir ». Elle réagit : « Non, je ne bois pas la bière. Je bois seulement le jus ». Nous répondons : « Ok ». Les causeries se poursuivent toujours avec Brand.  11h25 : Nous entrons tous en salle. Il est annoncé l’entrée de Mme la procureur, Mme Onana. Brand rejoint sa place devant. Ses confrères sont derrière lui dans une rangée. Deux minutes après, Me Emmanuel Simh fait son entrée, la sueur dégouline sur son visage. Nous sentons qu’il s’est précipité à rattraper cette audience.

L’homme en robe noire arrive à pic. Il salue Me Meli, Me Gueyo, Brand et Me Jules Bertin Fongang, avocate de la plaignante. L’affaire est déjà annoncée. Brand se présente à la barre, tout autant que la plaignante. Surprise dans la salle ! Donc elle est là ? Chacun est ébahi de voir dame Njikeu à la barre, elle qui est annoncée être domiciliée au Nigéria. Après avoir pris connaissance du dossier, Mme la procureur prononce la décision qui se résume comme suit : « Le Tribunal ordonne la mise en liberté de Brand Kamga. Renvoi au 17 février 2026 pour exécution avant dire droit et poursuite des débats. Il est 11h 28 ». Fin de l’audience. Puis série d’interviews avec les journalistes.

Serge Aimé BIKOI

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