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Élection à la Fecafoot: Le contrepied parfait de Guibaï Gatama ?

Dans un contexte électoral déjà sensible à la Fédération camerounaise de football, l’ex membre du Comité exécutif porte ses accusations contre Samuel Eto’o, l’accusant de corruption et détournement de fonds et demande la « nullité » de la candidature du président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) à sa succession.

Dans une déclaration sans concession, Guibai Gatama, ex-membre influent du Comité exécutif de la Fecafoot, a saisi la Commission d’éthique de la Fédération camerounaise de football pour dénoncer un virement de 455 000 euros (  298 460 435 Fcfa) effectué par la Fédération russe de football dans le cadre d’un match amical Russie-Cameroun en octobre 2023, mais qui, selon lui, aurait été versé non pas dans les caisses de la Fecafoot, mais directement sur le compte personnel de Samuel Eto’o, soulevant des accusations de corruption, de détournement de fonds et de complicité.  Gatama s’appuie sur les articles 21.2 et 27 du Code d’éthique de la Fecafoot pour justifier sa démarche, tout en demandant la suspension immédiate d’Eto’o en vertu de l’article 85 des statuts de la fédération.  La plainte cible également Benoît Angbwa, ancien coordonnateur des sélections, et Blaise Djounang, ancien secrétaire général, qu’il accuse d’avoir permis – voire organisé – ces flux douteux.

Scrutin verrouillé

Ce bras de fer n’éclot pas dans le vide : Guibai Gatama n’est pas un novice dans les arènes sportives, lui-même protagoniste d’un arbitrage devant le Tribunal arbitral du sport (Tas) contre la Fecafoot en 2022, un rappel de sa capacité à défier les structures de pouvoir.  De son côté, Eto’o, quadruple Ballon d’Or africain et figure majeure du football camerounais, voit sa réputation mise à rude épreuve. Il s’est déjà défendu en arguant de contraintes techniques liées aux sanctions économiques géopolitiques pesant sur la Russie, tout en affirmant que les montants litigieux auraient depuis été reversés aux comptes de la fédération.  Ce nouvel épisode s’inscrit dans un contexte de défiance croissante à l’égard de sa présidence : alors que certains dénoncent un manque de transparence, d’autres rappellent qu’Eto’o lui-même a déjà fait l’objet de reproches, notamment pour son comportement lors d’événements internationaux.

Avec cette plainte, l’ex membre du Comex, soutenu par plusieurs acteurs du football pour une candidature qui défie les sanctions de l’exécutif actuel, ne se contente pas de réclamer justice : il pose un ultimatum moral et institutionnel, exigeant que les dirigeants fédéraux rendent des comptes et que les principes d’éthique et de transparence guident à nouveau la Fecafoot. Quoi qu’il en soit, la marche vers le 29 novembre s’accélère de l’autre côté et des émissaires de la Confédération africaine de football et de la Fifa serait même déjà en territoire camerounais pour observation d’un scrutin qui s’annonce verrouillé.

M.B.

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