
Les travaux du Conseil d’administration extraordinaire de la Fédération camerounaise de volleyball (Fecavolley) tenus en urgence mardi 20 janvier au siège de l’institution à Yaoundé avait pour objet de répondre à une injonction claire de la Confédération africaine de volleyball (Cavb) : organiser des élections avant le 15 février sous peine de voir le Cameroun exclu des compétitions continentales.
La Fecavolley se retrouve à un carrefour délicat, pris entre l’exigence de la Confédération africaine et la prudence du ministère des Sports et de l’éducation physique. Au terme des travaux houleux, Félix Gomchi, président de la Ligue régionale du Centre, n’a pas caché la gravité de la situation. « La Cavb nous a imposé un délai très court. Si nous n’organisons pas d’élections au plus tard le 15 février, nos équipes ne pourront pas participer aux compétitions cette année », a-t-il déclaré. La menace plane sur des échéances majeures dont le Championnat d’Afrique des nations féminin à Nairobi du 23 août au 5 septembre et le tournoi masculin à Kinshasa du 7 au 21 septembre 2026. Face à cette urgence, le conseil a décidé de tenir des élections aux niveaux départemental, régional et national. Mais la mise en œuvre se heurte à la nécessité d’obtenir l’approbation du ministère des Sports, un obstacle que Felix Gomchi reconnaît comme difficile à surmonter.
La tension n’est pas nouvelle pour la Fecavolley. Après l’expiration des mandats en 2024, la Fédération avait déjà sollicité le ministère pour organiser des élections, mais la réponse avait été de patienter, dans l’attente d’un mouvement national plus large en faveur d’élections sportives. « Nous avons attendu aussi longtemps que possible, jusqu’à ce que cette lettre du Cavb arrive et mette vraiment la pression sur nous », explique le président de la ligue régionale du Centre. L’impératif de la Cavb s’explique par un précédent : des mandats prolongés avaient déjà été accordés, certains s’étirant sur plusieurs années au-delà du raisonnable. « Ils nous ont dit que si nous continuions, nous risquions d’aller jusqu’à vingt ans », souligne Félix Gomchi.
Superviser le processus électoral
Pour éviter ce scénario, la Confédération propose désormais de superviser le processus électoral, offrant ainsi un cadre de contrôle et de légitimité. La Fecavolley entend jouer cartes sur table avec le ministère, en demandant une certaine souplesse pour que le processus se déroule correctement et dans les délais. « Nous sommes dans l’impasse. Veuillez nous accorder un peu de flexibilité concernant cette demande que nous formulons depuis 2024 », insiste Félix Gomchi. Pour la communauté du volleyball camerounais, les prochaines semaines seront déterminantes. Les décisions prises maintenant auront un impact direct sur la participation du Cameroun aux compétitions africaines et sur l’avenir d’une discipline en pleine croissance sur le plan national.
Moustapha BACHIROU



