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Enseignement supérieur: L’Université au front pour les droits de l’enfant

Réunis hier à Yaoundé, universitaires, l’Unicef et les décideurs africains tracent une nouvelle voie académique pour la protection et la promotion des droits de l’enfant.

L’Université catholique d’Afrique centrale (Ucac) a accueilli hier, 19 novembre 2025, l’ouverture solennelle de la Conférence internationale de l’Unicef consacrée au rôle de l’université dans la promotion et la protection des droits de l’enfant. Placée sous le haut patronage du Premier ministre, cette rencontre de deux jours réunit experts, universitaires, diplomates, acteurs de la société civile, organisations internationales, leaders religieux et jeunes engagés venus d’Afrique et d’Europe pour réfléchir à un nouveau partenariat académique en faveur de l’enfance. Représentant le Premier ministre, le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, a souligné l’importance stratégique de ce rendez-vous. « C’est pour moi un grand honneur de présider cette cérémonie qui consacre l’engagement du Cameroun à faire de l’université un moteur de changement social en faveur des enfants », a-t-il déclaré, exprimant sa gratitude envers l’Unicef et l’Ucac pour « leur vision pionnière qui positionne notre pays comme un acteur de référence en Afrique ».

Au cœur des échanges se trouve un constat partagé par tous les participants : les défis contemporains qui menacent les enfants s’intensifient. Selon l’Unicef, l’Afrique compte plus de 580 millions d’enfants, soit la population infantile qui connaît la croissance la plus rapide au monde. La montée des crises humanitaires, des conflits, du dérèglement climatique, du chômage des jeunes et de la pauvreté accentue leur vulnérabilité. Pour Jacques Fame Ndongo, l’université doit devenir « un acteur incontournable pour éclairer l’action publique, former les futurs décideurs et impulser l’innovation sociale ». Dans son allocution, le représentant du Premier ministre a rappelé les engagements du Cameroun, qui a ratifié avec conviction la Convention relative aux droits de l’enfant et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant. « Notre nation demeure résolument engagée à promouvoir, respecter et protéger les droits de tous les enfants sans distinction », a-t-il insisté. Il a également présenté cinq orientations fortes, parmi lesquelles « l’intégration accrue des droits de l’enfant dans les politiques publiques », « la diffusion de ces droits dans tous les espaces éducatifs » ou encore « la participation renforcée des jeunes dans la vie universitaire et citoyenne ».

Espaces de recherche, de formation et d’action communautaire

Le Cameroun mise notamment sur un réseau de Centres des droits de l’enfant au sein des universités. Ces structures, saluées par l’Unicef, font figure d’innovation en Afrique centrale. Elles servent d’espaces de recherche, de formation et d’action communautaire, mobilisant les sciences juridiques, sociales, éducatives et sanitaires. « Ces centres constituent aujourd’hui de véritables pôles d’innovation, de savoir et d’éthique au service du bien-être des enfants, en particulier les plus vulnérables », a affirmé le ministre d’État.La conférence s’inscrit également dans une dynamique continentale. Des représentants venus du Ghana, du Kenya, du Sénégal, du Maroc et d’Europe ont partagé leurs expériences sur les curricula sensibles aux droits de l’enfant, les approches interdisciplinaires et les mécanismes de plaidoyer. « Ce travail n’est pas un simple échange académique », a rappelé le représentant de l’Unicef en Grèce, Ghassan Khalil. « Il s’agit d’un moment fondateur pour une Afrique qui affirme son leadership moral et intellectuel dans la défense des droits de l’enfant ».

Appel vibrant à l’action collective

L’Ucac, hôte de l’événement, s’est engagée à jouer un rôle central dans ce réseau émergent. Son recteur a salué « une conférence historique qui ouvre les portes d’un partenariat académique africain et international au service de l’enfance ». La présence du Nonce apostolique, de l’Archevêque métropolitain de Yaoundé, des chefs traditionnels et de leaders religieux, dont le Sultan-roi des Bamoun, Champion de l’Unicef, a ajouté une dimension symbolique forte, confirmant l’importance donnée à l’alliance entre savoir, culture et spiritualité. Les travaux, qui se poursuivent jusqu’aujourd’hui 20 novembre, ambitionnent de produire des recommandations structurantes pour les États, les universités et les organisations partenaires. Selon Jacques Fame Ndongo, « il s’agit de bâtir une gouvernance moderne, participative et orientée vers le bien-être de chaque enfant, dans une humanité juste et solidaire ».

Dans cette perspective, il a salué « l’ambition de constituer un réseau académique africain et international sur les droits de l’enfant », qualifiant cette initiative de « contribution majeure du Cameroun à la voix du continent dans le débat mondial sur l’enfance ». En concluant son discours d’ouverture, le ministre d’État a déclaré ouverte la Conférence internationale sur le rôle de l’Université dans la promotion et la protection des droits de l’enfant, tout en lançant un appel vibrant à l’action collective. « Je vous invite à travailler avec ambition, rigueur et créativité, pour que les conclusions de cette conférence guident durablement nos universités, nos gouvernements et nos communautés. Ensemble, bâtissons un avenir où chaque enfant voit ses droits pleinement respectés, protégés et accomplis », a-t-il conclu.

Michel NONGA

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