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Estelle Victorine Mveng Amougou« …Les chefs ont cessé d’être les chefs parce qu’ils sont réduits »

Cheffe traditionnelle du village Nkol Amougou, candidate du Commandement traditionnel pour l’élection des conseillers régionaux du 30 novembre dernier, elle revient sur le rôle des chefs traditionnels dans la quête du bien-être de leurs populations et le rôle de la femme cheffe traditionnelle dans le collège des chefs.

Quel est votre ressenti au sortir de cette élection ?

Je voudrais féliciter la liste gagnante portée par sa majesté René Désiré Effa pour sa réélection. Personnellement, je suis satisfaite du résultat, parce que cette élection m’a permis de découvrir ma propre capacité à convaincre sur le terrain. J’ai toujours lutté pour la cause de l’homme Beti dans la Mvila, un combat qui reste d’actualité, mais cette fois-ci, je me rends compte que je ne serai plus seule. Désormais, nous serons nombreux à porter cette grande espérance que nous voulons voir se concrétiser, ce rêve que nos aïeux malgré la volonté n’ont pu faire réaliser.  En l’occurrence, ce département Beti que nous espérons pendant et au cours du septennat du Chef des chefs. Un septennat de grandeur et d’espérance.

Quels enseignements tirez-vous du travail de terrain ?

Ma présence sur le terrain m’a permis de toucher du doigt un problème qui n’est pas seulement beti, mais commun à toutes les communautés. A savoir que les chefferies existent, mais les chefs ont cessé d’être chefs parce qu’ils sont réduits sur le plan financier. Il devient nécessaire qu’une réforme soit engagée pour redonner toute sa valeur à la fonction traditionnelle et une considération effective et équilibrée soit restaurée en particulier. J’ai aussi pu percevoir les frustrations exprimées par nos frères bulu. Il faut également retenir que des intimidations et d’autres pratiques ont eu lieu.

Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté ?

Cette expérience m’a assagi et permis de comprendre que mon rôle n’était pas simplement de gagner. Mais, devenir cette voix capable d’aider les chefs à retrouver leur dignité. Je veux aussi contribuer à consolider ceux qui ont choisi de se lever pour accompagner le Chef de l’État, en leur rappelant qu’ils sont libres et qu’ils ont une responsabilité envers leurs communautés.

Que dire du déroulement du scrutin ?

En réalité, la liste Sangulu est la véritable gagnante morale de cette élection. Car, elle a su ramener une forte majorité qui avait perdu toute confiance et toute assurance. Elle a réveillé une conscience collective et une responsabilité qui n’étaient plus d’actualité, à une époque où chacun répétait : « La politique et les politiciens riches nous ont envahis ». Aujourd’hui, nous avons vu l’inquiétude dans les regards ; et c’est déjà un bon signe.

Propos recueillis par Jacques Pierre SEH

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