le_messager_Logo-removebg-preview

Extracteur d’oxygène Anicet Ekane: A qui profite la manipulation de l’opinion publique ?

Accusée de rétention d’un appareil médical vital appartenant à l’homme politique annoncé malade, la Légion de Gendarmerie du Littoral dénonce une campagne de désinformation aux fins inavouées.

La polémique enfle autour de l’affaire Anicet Ekane, figure politique de l’opposition actuellement détenue à Yaoundé. Au cœur de la controverse, une lettre datée du 15 novembre 2025, signée par Me HB Tiakouang Meli, avocat du président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), adressée au commandant de la Légion de Gendarmerie du Littoral à Douala. L’objet de cette correspondance : la restitution d’un extracteur d’oxygène et de ses accessoires, présentés comme indispensables à la survie de son client, hospitalisé au Centre médical de la Gendarmerie nationale. Dans cette lettre, l’avocat affirme que les appareils médicaux ont été confisqués lors de l’arrestation de Anicet Ekane et de son chauffeur, Njoya Harouna, le 13 novembre. Il y dénonce l’impossibilité de rencontrer le colonel commandant de la Légion malgré sa présence dans les locaux, et insiste sur l’urgence de remettre les équipements aux médecins traitants du détenu. « Les appareils pour soins médicaux […] sont effectivement posés sur le siège arrière de son véhicule confisqué et conservé dans la cour de vos locaux tel que nous l’avons constaté nous-même », écrit Me Meli.

Face à la diffusion de cette lettre sur les réseaux sociaux dès le 20 novembre, la Gendarmerie nationale, injustement catapultée au tribunal de l’opinion publique, a réagi avec fermeté. De sources bien introduites, il ne s’agit ni plus, ni moins que d’une « grossière campagne mensongère et de manipulation visant à nuire au professionnalisme et à l’image du Colonel Ottoulou, Commandant de la Légion du Littoral, aux états de service irréprochables ». Selon la version officielle recueillie par nos bons soins, l’extracteur d’oxygène n’a jamais été confisqué. Il aurait été oublié dans le véhicule de Njoya Harouna, chauffeur de Anicet Ekane, interpellé à Douala dans le cadre d’une enquête sur des appels à l’insurrection et à la désobéissance civile. « Après exploitation et fouille minutieuse le même jour, l’extracteur d’oxygène de monsieur Ekane a été retrouvé dans le véhicule de monsieur Arouna Njoya et expédié le même jour au Sed par nos vaillantes forces de maintien de l’ordre », précise un proche du dossier.

Flagrant délit de roublardise

De quoi disculper le Colonel Ottoulou « que plusieurs personnes mal informées tentent à coller à cette affaire ». Cette affaire intervient dans un contexte politique tendu au Cameroun, marqué par des arrestations de figures de l’opposition et des accusations de répression. Anicet Ekane, connu pour ses prises de position radicales, est soupçonné d’avoir orchestré des actions de mobilisation contre le pouvoir en place. Son arrestation et celle de ses proches ont suscité de vives réactions dans les milieux militants et sur les réseaux sociaux. La Gendarmerie, elle, appelle à la prudence face à ce que des hommes en tenue qualifient de « roublardise politique ». « Quand on vous dit que nos hommes politiques ne sont pas sérieux, voilà un roublard pris en flagrant délit de roublardise », commente un haut officier de la Gendarmerie nationale. Alors que les tensions persistent, cette affaire soulève des questions sur la gestion des droits des détenus, la communication institutionnelle et les stratégies de défense politique dans un climat de méfiance généralisée.

M.N.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Suivez-nous :

Actualités

Espace Newsletters

Retour en haut