
La récente décision du ministre de l’Administration territoriale (Minat) et du ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep) d’interdire toute assemblée générale élective de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) marque un tournant préoccupant dans la gestion du football au Cameroun. Cette situation met en lumière non seulement des tensions politiques, mais aussi une possible violation des principes fondamentaux régissant les fédérations sportives dans un État de droit.
Un contexte de tension
Le 14 novembre 2025, le Minat a ordonné aux autorités administratives de suspendre toutes les assemblées dans le cadre du processus électoral de la Fécafoot, en réponse aux inquiétudes exprimées par le Minsep. Ce dernier a émis des accusations graves contre le président sortant, Samuel Eto’o, concernant la gestion du processus électoral. Les allégations portent sur la violation des règles administratives et l’exclusion de certains acteurs du football, soulevant ainsi des questions sur la légitimité du scrutin prévu pour le 29 novembre 2025.
Ignorer les textes établis
À travers la lettre du président de la Fécafoot, il est clair que cette intervention ministérielle viole non seulement les textes nationaux, mais aussi les engagements internationaux du Cameroun en matière de gouvernance sportive. Le président soutient que les règlements de la Fécafoot et les accords avec la Caf et la Fifa garantissent l’autonomie des fédérations, ainsi que l’interdiction d’une ingérence administrative dans les processus électoraux. Le droit au respect des statuts de la Fécafoot est aussi clairement rappelé dans sa réponse. Le Minsep, en tant qu’autorité administrative, ne détient pas le pouvoir d’interférer dans le fonctionnement d’une fédération sportive reconnue. Or, la décision ministérielle de suspendre les assemblées générales semble méconnaitre ces principes, ouvrant la voie à une gestion autoritaire et contestée du football camerounais.
Conséquences potentielles
Les conséquences de cette ingérence pourraient être multiples. En conservant la mainmise sur le processus électoral, les ministres en question risquent d’engendrer des tensions, voire des conflits au sein de la communauté footballistique. Cette situation pourrait mener à des sanctions de la part des instances internationales, comme la Fifa ou la Caf, qui ont des règles strictes concernant les interférences gouvernementales dans les affaires sportives. Le climat actuel de méfiance entre les autorités sportives et gouvernementales pourrait également dissuader les acteurs du football de participer activement aux élections.
Appel au respect des institutions
Le message du président de la Fécafoot appelle à un retour à la raison et à la préservation des principes de non-ingérence. La nécessité d’un dialogue transparent et respectueux entre les autorités administratives et les fédérations sportives est cruciale. Ignorer ces normes fondamentales risque non seulement de détériorer la pratique du football au Cameroun, mais également de nuire à l’image du pays sur la scène internationale. Il est impératif que l’État camerounais respecte ses engagements et garantisse un environnement où le sport peut s’épanouir sans entrave. La Fécafoot doit pouvoir exercer ses prérogatives sans interférence, dans le respect des textes en vigueur, pour que des élections crédibles et justes puissent avoir lieu.
Retour au respect des procédures règlementaires.
La situation actuelle souligne l’urgence d’un retour au respect des règles et des droits des acteurs du football au Cameroun. La préservation de l’intégrité et de l’autonomie des institutions sportives est essentielle pour éviter une crise prolongée qui pourrait avoir des conséquences bien au-delà des terrains de football. La balle est désormais dans le camp des autorités, qui doivent choisir entre ingérence et respect des textes — gage d’un avenir apaisé pour le football camerounais.
*Directeur de publication « Le quatrième pouvoir »
Par Éric VARENI*



