
Pour les habitants du quartier Haut-plateau, l’aube du samedi 24 janvier a été marquée par un drame d’une violence inouïe. Un incendie d’origine encore indéterminée a ravagé la résidence de fonction de Nariki Joël Patrice, sous-préfet de Galim-Tignère, coûtant la vie à cet administrateur civil dévoué, à son épouse Marie Solange et à trois de leurs enfants. Deux autres enfants, arrachés aux flammes grâce à un réflexe héroïque, ont survécu à l’enfer nocturne.
Aux premières heures du matin, alors que la plupart des habitants étaient encore endormis, un incendie s’est déclaré dans la maison familiale du sous-préfet, située dans le secteur résidentiel de Haut-Plateau. Le feu s’est propagé avec une rapidité alarmante, piégeant les occupants à l’intérieur avant que les secours et les riverains ne puissent intervenir efficacement. Malgré les efforts désespérés de Nariki Joël Patrice pour protéger les siens, son corps a été retrouvé près de l’entrée, la clé de la porte déformée par la chaleur extrême, signe d’une tentative vaine d’évasion.
Au milieu du chaos, Éden, l’aînée âgée de 18 ans, a fait preuve d’un courage remarquable. Alertée par les premiers signes de fumée et les appels à l’aide, elle a conduit son jeune frère Jean Patrick, âgé de deux ans, vers les toilettes, où elle a ouvert le robinet de la douche pour ralentir l’avancée des flammes. Ce réflexe a offert une courte mais précieuse fenêtre de survie, permettant à des voisins vigilants de les extraire par une fenêtre dépourvue de barreaux. Trois autres enfants du couple, âgés de 8, 10 et 12 ans, n’ont malheureusement pas survécu, leurs corps étant découverts dans les décombres. Leur mère, grièvement brûlée, avait été évacuée en urgence à l’hôpital régional de Ngaoundéré où elle a succombé quelques heures plus tard.
Une enquête ouverte pour déterminer les circonstances du sinistre
Face à l’ampleur du désastre, les autorités locales ont immédiatement ouvert une enquête pour élucider les causes exactes de cet incendie tragique. Si une explosion de gaz a été écartée — la bouteille de gaz présente sur les lieux n’ayant pas explosé — les premiers constats techniques laissent envisager un embrasement du tuyau conducteur comme origine du feu. Les policiers et les sapeurs-pompiers dépêchés sur place travaillent à reconstituer les derniers instants de cette nuit fatale, analysant chaque élément afin d’écarter toute hypothèse accidentelle ou autre.
Sur place, le gouverneur de la région de l’Adamaoua, Kildadi Taguiéké Boukar, s’est rendu auprès des rescapés et des proches des victimes pour témoigner la solidarité de l’État et mesurer l’ampleur des dégâts matériels. La maison de fonction, ainsi que tous les biens du sous-préfet y compris son véhicule de service ont été entièrement consumés par les flammes, ne laissant que des ruines fumantes en guise de souvenirs.
La disparition brutale de Nariki Joël Patrice, perçu comme une figure d’engagement et de service dans l’administration territoriale, a plongé non seulement sa famille biologique mais aussi l’arrondissement de Galim-Tignère dans une profonde consternation. Cette tragédie rappelle avec une brutalité froide la vulnérabilité des foyers face aux incendies domestiques et appelle à une réflexion accrue sur la prévention et la sécurité dans les résidences de fonction à travers le pays.
Moustapha BACHIROU



