
Le Secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, était lundi 26 dernier au parlement européen. Cinq jours après avoir réussi à obtenir un « pré-accord » avec Donald Trump afin de désamorcer la crise au sujet du Groenland, Mark Rutte était auditionné par les commissions Sécurité & Défense et Affaires étrangères, dans l’ensemble préoccupées par le délabrement de la relation transatlantique. Mais le secrétaire général de l’Otan veut rassurer et balayer les inquiétudes car pour lui les États-Unis sont pleinement engagés dans l’Alliance atlantique.
Mark Rutte l’affirme, le contenu du pré-accord avec les États-Unis c’est la responsabilité collective de l’Otan pour la sécurité arctique afin d’empêcher que Chine et Russie y prennent pied économiquement et militairement. Selon le secrétaire général de l’Alliance, le président américain reste entièrement investi dans l’Otan et c’est grâce à lui que tous les pays européens ont eu la secousse salutaire qui les fait enfin investir dans leur propre défense. Mais pour Mark Rutte, les alliés européens n’en sont pas encore à pouvoir se défendre seuls.
« Nous devons en réalité être complémentaires. C’est un peu vague comme concept de créer une sorte de force de défense européenne. Évidemment, c’est aux pays européens d’en décider, mais je pense qu’il y aurait trop de doublons. Je vous souhaite bonne chance si vous voulez vous lancer dans cette aventure, car cela ne ferait que compliquer les choses. Je pense que Poutine adorerait ! Réfléchissez-y à deux fois. Et si quelqu’un ici pense encore que l’Union européenne (ou l’Europe dans son ensemble) peut se défendre sans les États-Unis, qu’il continue à rêver. C’est impossible. Nous ne pouvons pas. Nous avons besoin les uns des autres », a-t-il déclaré. Et selon le secrétaire général de l’Alliance atlantique, la priorité pour l’ensemble des 32 membres de l’Otan doit être maintenant de se concentrer sur les garanties de sécurité à offrir à l’Ukraine sur le long terme, condition sine qua non pour un cessez-le-feu.
« Non, cher Mark Rutte…»
« Non, cher Mark Rutte. Les Européens peuvent et doivent prendre en charge leur sécurité », a déclaré lundi soir le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. « Même les États-Unis en conviennent. C’est le pilier européen de l’Otan », a ajouté le chef de la diplomatie française sur X.
Source: Rfi



