
À l’heure où la décentralisation s’impose comme un levier central du développement territorial au Cameroun, le ministère de la Décentralisation et du développement local (Minddevel)-qui a reçu récemment les vœux de son personnel-affiche sa volonté de consolider les acquis et d’améliorer le suivi des politiques publiques locales au cours de l’année 2026.
Le Minddevel a officiellement lancé le 19 janvier 2025 à Yaoundé, son année administrative 2026 à l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux. La rencontre s’est tenue dans la salle « Ongola a Samba », au sein de l’immeuble abritant le Conseil régional du Centre, en présence de l’ensemble des responsables et personnels des services centraux, ainsi que des délégations régionales du Centre et départementale du Mfoundi. Au-delà du caractère protocolaire, cette rencontre a permis de dresser un bilan des actions menées au cours de l’année écoulée. Les échanges ont notamment porté sur les avancées enregistrées dans l’accompagnement des collectivités territoriales décentralisées, le renforcement des capacités des exécutifs locaux et l’amélioration progressive de la gouvernance territoriale.
Dans son adresse au personnel, le ministre Georges Elanga Obam a insisté sur la nécessité de consolider les acquis, tout en appelant à une mobilisation accrue face aux défis persistants liés à la mise en œuvre effective de la décentralisation. Il a souligné l’importance d’une administration cohérente, disciplinée et orientée vers les résultats, à même de répondre aux attentes croissantes des populations en matière de développement local. La cérémonie a également été l’occasion de décliner les grandes orientations de l’année 2026, avec un accent particulier mis sur l’optimisation de la gestion des ressources locales, la coordination entre les différents niveaux de l’administration territoriale et le suivi-évaluation des politiques publiques locales.
Réformes législatives
Dans un environnement institutionnel en pleine mutation, le Minddevel entend ainsi jouer pleinement son rôle de pilier de la gouvernance territoriale. En réunissant son personnel en début d’année, le ministère a voulu envoyer un signal de cohésion interne et de continuité administrative, à un moment où la décentralisation demeure l’un des chantiers structurants de l’action publique au Cameroun. À l’observation, le Minddevel se retrouve à un carrefour délicat. La décentralisation, inscrite dans la Constitution et renforcée par plusieurs réformes législatives, peine encore à se traduire concrètement sur le terrain. De nombreuses collectivités locales ne disposent pas pleinement de leur autonomie, et les disparités entre régions restent marquées.
La coordination entre services centraux, délégations régionales et départementales demeure inégale, tandis que l’efficacité de la gestion des ressources locales est souvent limitée par des procédures lourdes et un suivi administratif lacunaire. Les agents et exécutifs locaux, malgré des formations ponctuelles, naviguent dans un système où responsabilités et marges de manœuvre sont mal définies. Si le Minddevel affiche des ambitions de consolidation et de modernisation, la distance entre les objectifs institutionnels et les résultats effectifs souligne les limites d’une décentralisation encore largement théorique, dont les populations ressentent parfois peu les effets concrets.
Axel ABANDA



