
Alors que les camerounais souffrent du chômage, de la cherté de la vie, du délestage, des pénuries d’eau, des routes dégradées et des services publics en crise, beaucoup s’interrogent sur les véritables priorités de nos dirigeants visiblement refroidis par l’attente d’un remaniement qui se fait attendre ?
Le Cameroun traverse une période d’incertitude marquée par des défis majeurs dans presque tous les secteurs vitaux. Les routes sont dans un état de dégradation avancée, rendant les déplacements difficiles et dangereux. Les problèmes d’accès à l’eau et à l’électricité persistent, plongeant des milliers de ménages dans une précarité continue. À cela s’ajoute un taux de chômage alarmant, tandis que les jeunes et les diplômés peinent à trouver un emploi dans un système dominé par le népotisme et le favoritisme. Le quotidien des camerounais est rythmé par des coupures d’électricité fréquentes et une absence d’eau potable dans plusieurs localités. Ces carences, pourtant essentielles, posent la question des priorités réelles du gouvernement. Les infrastructures vieillissantes, laissées à l’abandon, accentuent un sentiment d’abandon généralisé. En parallèle, la frustration monte, alimentée par une administration qui semble davantage préoccupée par son propre confort que par les besoins de la population.
Les acteurs sociaux ne cessent de tirer la sonnette d’alarme. Les enseignants, par exemple, multiplient les grèves et dénoncent l’absence d’avancements et la non-application des statuts spéciaux promis depuis plusieurs années. Les médecins, eux aussi, expriment leur mécontentement face à un système de santé en ruine, où le manque de moyens met en péril la vie des patients. Même les magistrats, qui devraient être les garants de la justice, sont pour certains au chômage dans l’éternelle attente de la tenue du Conseil supérieur de la magistrature. Pendant ce temps, les jeunes, délaissés par un système incapable de leur offrir des perspectives d’avenir, sombrent dans l’alcoolisme, les jeux de hasard ou des petits métiers de survie. Ce désespoir pousse une majorité d’entre eux, y compris les fonctionnaires, à rêver d’un exil vers des horizons plus prometteurs, notamment au Canada. Le Cameroun semble perdre ses forces vives, faute de politiques adaptées pour retenir et valoriser ses talents.
Gestion budgétaire en décalage avec les réalités
Le contraste est frappant entre les besoins pressants du peuple et les priorités budgétaires des autorités. Alors que les enseignants réclament des augmentations de salaires et des conditions de travail décentes, plusieurs milliards de Fcfa ont été débloqués pour financer la participation du Cameroun à la Coupe d’Afrique des nations (Can) , une compétition où l’équipe nationale s’est arrêtée en quart de finale. De telles décisions soulèvent des questions sur la gestion des finances publiques et la véritable orientation des politiques gouvernementales. Le budget de l’État, croissant année après année, semble davantage orienté vers le maintien d’un confort administratif que vers des investissements dans les secteurs prioritaires. Les jeunes entrepreneurs, quant à eux, dénoncent un système fiscal lourd et oppressant. Les taxes et impôts les contraignent souvent à fermer leurs entreprises, laissant place à une économie informelle qui ne permet que de survivre.
Parallèlement, les subventions, lorsqu’elles existent, ne profitent pas aux initiatives innovantes mais à des entités sans réel impact sur l’économie. Au cœur de cette crise, la corruption et l’injustice apparaissent comme des fléaux majeurs. Obtenir un emploi ou accéder à certains services publics relève parfois du miracle, à moins d’avoir des relations privilégiées ou de payer des pots-de-vin. Le favoritisme et la reproduction sociale dominent les rouages de l’administration, renforçant un sentiment d’inégalité parmi les citoyens. La justice, censée être le pilier de l’équité, est gangrenée par les pratiques douteuses. Les camerounais dénoncent une corruption systémique qui freine le développement du pays et accentue les inégalités. La confiance envers les institutions s’effrite. Le peuple se sent abandonné, et cette désillusion se traduit par un exode massif des talents et des jeunes vers des pays où l’espoir d’une vie meilleure semble encore possible. Le Cameroun est à un tournant critique de son histoire. Alors que les défis s’accumulent, la question demeure : quelle est la priorité véritable du gouvernement ? Le peuple, lui, attend des réponses concrètes et des actions à la hauteur de ses attentes.
Michel NONGA



