
Portée par Ange Sama à travers le mouvement « Demande nationale de clémence (Dnc) », l’initiative citoyenne a pour but d’implorer la grâce présidentielle le 4 décembre prochain, de certains détenus pour plus d’humanité, de pardon et d’espoir. Les noms qui reviennent sont ceux d’Iya Mohamed, de Polycarpe Abah Abah et Zacchaeus Mungwé Forjindam.
Le goût de la liberté ! La vidéo qui compile des milliers de vues sur la toile depuis une semaine, montre un homme modeste, un genou au sol, appelant simplement à plus de sensibilité, plus d’humanité au destinataire de son message qui n’est autre que Paul Biya. Cet homme, c’est Ange Sama, ancien président de la Fédération camerounaise d’athlétisme, personnage à la réputation outre-Atlantique dans les arcanes de l’olympisme mais aussi du politique. Respecté et célébré parce que pourvoyeur de médailles pour son pays, le promoteur du mouvement Dnc, habitué aux honneurs, à la dignité sportive et au prestige institutionnel veut d’emblée qu’on retienne que ce genou posé à terre, « constitue un acte d’une grande portée morale ». Suffisant pour comprendre que dans ce contexte, son geste est un signe d’humilité profonde.
Humilité, modestie mais aussi patriotisme. D’ailleurs, dans son message, Ange Sama prononce une phrase qui, si elle est reprise par des milliers de camerounais, pourrait marquer un tournant symbolique : « En ce 04 décembre 2025, je demande humblement la grâce présidentielle de certains détenus pour plus d’humanité, de pardon et d’espoir. » Allusion est faite ici à Iya Mohamed, ancien président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), Polycarpe Abah Abah, ancien ministre de l’Economie et des Finances et Zacchaeus Forjindam, ancien Directeur général du Chantier naval et industriel du Cameroun, tout en rappelant qu’ils ne représentent que quelques cas parmi tant d’autres.
Unité nationale, paix et tolérance
« Dans un pays où les actions publiques liées à la grâce présidentielle restent rares, voir un citoyen inviter la Nation à un acte collectif de compassion est un fait inédit », commente un acteur de la société civile qui estime que la libération de ces détenus serait un signal fort en ce début de mandature de Paul Biya à la magistrature suprême. On sait qu’à l’occasion de la célébration du Cinquantenaire de la Réunification du Cameroun, le président de la République a signé le 17 février 2014, un important décret portant commutation et remise de peines au bénéfice des personnes condamnées et détenues pour infractions diverses. Pris en vertu du pouvoir régalien et des prérogatives que lui confère la Constitution, cet acte de mansuétude et d’humanisme du Chef de l’Etat célébrait en ce moment historique pour la nation, les idéaux des vertus d’unité nationale, de paix et de tolérance auxquels le peuple camerounais est profondément attaché.
L’initiative d’Ange Sama étant apolitique, pacifique et motivée par une volonté déclarée d’humaniser le débat public se fonde aussi sur « les valeurs humaines du président Paul Biya et de la première Dame Chantal Biya », qu’il estime sensibles aux démarches citoyennes désintéressées. Mieux, « elle met en lumière une réalité souvent tue : celle des prisons camerounaises. Elles abritent des personnes en détention provisoire depuis des années, des prévenus pauvres incapables d’assurer leur défense, des individus incarcérés pour des faits mineurs, des « no names » oubliés. La Dnc invite à reconsidérer ces cas avec empathie, sans remettre en question l’autorité de la justice », ajoute le promoteur du mouvement qui encourage chaque camerounais à enregistrer une vidéo le 04 décembre et la publier avec le hashtag #DNC04Decembre. « Un geste humble, réalisé assis, debout ou un genou au sol, pour montrer que la compassion est une vertu partagée », argue Ange Sama.
Solidarité nationale
Si l’initiative est suivie, le 04 décembre à en croire Ange Sama, pourrait devenir un jour symbolique de solidarité nationale. « La Dnc souhaite attirer l’attention sur les réalités du milieu carcéral camerounais, marqué par des surpopulations pénitentiaires, des détentions provisoires disproportionnées, des injustices sociales liées à la pauvreté, des détenus oubliés et des cas de maladies avérées. Le Mouvement place sa démarche sous le sceau du respect et de la confiance envers Son Excellence Paul Biya, Président de la République, et madame Chantal Biya, reconnue pour son engagement humanitaire. Il appelle à la mobilisation : des citoyens, des leaders religieux, des magistrats, des parlementaires, de la société civile, des institutions judiciaires. Le 04 décembre peut devenir un symbole de solidarité et d’humanité », détaille l’initiateur. La question demeure : Paul Biya répondra-t-il à cet appel du peuple ? Rendez-vous le 4 décembre !
Christian TCHAPMI



