La cérémonie d’installation par le préfet du département de la Mvila couplée à l’intronisation par
ses pairs chefs traditionnels, s’est tenue le 16 août dernier au stade Saint Paul de Nkolandom
devant un parterre de membres de gouvernement, le Secrétaire général du Rdpc, élites intérieures et
extérieures, amis, connaissances et d’autres dignitaires traditionnels venus vivre ces moments de
forte portée de la tradition des peuples de forêt.

L’arrêté signé du ministre de l’Administration territoriale (Minat) le 15 mai 2025,
portant organisation des chefferies traditionnelles crée ces six nouvelles chefferies
de 2 e degré dans le département de la Mvila. Parmi celles-ci, on a le groupement
Bulu-Est I avec pour chef-lieu le village Nkolandom qui était dirigé par Jacques
Fame Ndongo chef d’alors de 3 e degré dudit village. C’est donc lui qui est
désormais à la tête dudit groupement après consultation d’usage des notabilités
coutumières, les chefs des 13 villages qui constituent le nouveau groupement créé
ont porté unanimement leur dévolu sur la personne de Jacques Fame Ndongo.
C’est donc lui le tout premier chef de 2 e degré de ce groupement que le préfet du
département de la Mvila a installé ce 16 août 2025 au stade Saint Paul à
Nkolandom. Pour le préfet de la Mvila, l’heureux intronisé est d’une longue lignée
de chef traditionnel. Petit fils de Jacques Fame Ndongo 1 er qui règne de 1927 à 1949
comme chef de village Nkolandom. Plusieurs décennies après, il est installé par le
préfet à cette haute dignité traditionnelle importante. Le préfet du département de
la Mvila reconnait les valeurs et compétences de ce haut commis de l’Etat.
Hommage à Paul Biya, le Nnom Ngi’i
Il demeure l’un des soutiens les plus granitiques de Paul Biya depuis l’avènement du
renouveau national. Pour Emmanuel Frederick Dongo, « le chef traditionnel seconde les
autorités administratives dans l’encadrement des populations, le maintien de l’ordre public et dans le développement de ces populations ». Ce qui amène donc l’anthropologue François
Bingono Bingono à définir le rôle des chefs traditionnels. Pour lui, « il est de préserver,
de construire et de diffuser la culture patrimoniale immatérielle. Étant dans le contexte africain où
on dit que les morts ne sont pas morts et que lorsque nous faisons face à une difficulté, c’est le chef
qui va chercher cette solution dans le monde de nos ancêtres, le monde des esprits ».
Pour dire que le chef traditionnel est donc l’un des émissaires du monde immatériel,
de l’au-delà. La prestation de serment qui s’en soit suivie par devant un collège des
chefs s’articulait en neuf points parce qu’il s’agit de la sacralité divine. Le chef du
groupement Bulu-Est I est donc vêtu de ses attributs du pouvoir traditionnel et
installé à son trône. Il peut donc ainsi s’adresser à ses populations. Pour son
premier mot, c’est par le chant, qu’il demande à l’agneau de Dieu qui enlève le
péché du monde : donne-nous la paix. Il rend un sempiternel hommage au Chef de
l’Etat, le Nnom Ngi’i, en plus ses ancêtres.
A l’écoute de tous
En remerciant particulièrement ses convives, le chef reconnait en tout ceux qui ont
effectué le déplacement sur Nkolandom, un signe d’amour en sa personne. Jacques
Fame Ndongo 2 installé et intronisé par ses pairs dit approuver le serment d’œuvrer
à la fraternité, la paix dans le groupement à lui confié en toute humilité. Pour lui,
« je serais à l’écoute de tous vos conseils. Cette chefferie était attendue depuis le début du siècle
dernier, c’est fait aujourd’hui grâce au renouveau national, grâce à mes collègues chefs qui m’ont
donné cette onction et le gouvernement de la République a homologué cette désignation faite par mes
pairs ».
Et par la suite évoque les défis qui sont nombreux et d’ordre politique,
économique, social, infrastructurel, spirituel et même éthique. Pour cela, il doit
compter sur le concours des uns et des autres dans cette unité de commandement
qu’il tient désormais. Son souhait est que son règne connaisse un succès et cela
grâce à la collaboration de tous. Il fut noter la présence du lamido de Ngaoundéré
et du sultan roi des Bamoun.
Jacques Pierre SEH



