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Guy Nsigué: « (…) Laisser ce groupe continuer à travailler tel qu’il est »

Invité de l’émission « Casa Show » diffusée sur Canal 2 International le 10 janvier dernier depuis Rabat au maroc, le journaliste sportif camerounais installé au Canada depuis une dizaine d’années et non moins fondateur du site internet kamerfoot.com, a commenté face à André Mirabeau Mahop, l’actualité des Lions indomptables dans cette 26e Can. Morceaux choisis.

« Je pense qu’il faut savoir leur laisser du temps. Le temps est un facteur essentiel dans la construction d’une équipe compétitive. D’autres compétitions arrivent et il ne faut pas tout juger à l’aune d’un seul tournoi. Même la génération de 2000, celle qui a remporté les Jeux olympiques et deux Coupes d’Afrique des nations, n’est pas née du jour au lendemain. Cette équipe a commencé à se construire dès 1994. Cela prouve qu’un projet peut mûrir sur la durée. On ne peut pas constituer un groupe en trois semaines et prétendre gagner la Can, voire la Coupe du monde. Il faut de la patience. Il faut accepter ce processus, encourager les joueurs et comprendre qu’il existe aussi une problématique liée à l’âge. Le rôle du sélectionneur, dans ce contexte, est clair : continuer à disputer des matches, tester des profils, intégrer de jeunes joueurs et assurer progressivement la relève. Donner du temps au coach est indispensable si l’on veut bâtir quelque chose de solide.

(…) Concernant les joueurs écartés, certains pensent qu’il s’agit de mises à l’écart volontaires. Oui, parfois, des situations liées aux choix sportifs ou à la nationalité peuvent influencer les décisions. Mais cela fait partie de la gestion d’un groupe. Il faut encourager cette équipe, sans occulter la réalité du renouvellement générationnel. Le sélectionneur doit poursuivre son travail sereinement, sans pression excessive, et bénéficier de la confiance nécessaire pour avancer. Il y a aussi un autre problème qu’il ne faut pas ignorer : certains joueurs, même talentueux, peuvent fragiliser l’équilibre du groupe. Je ne citerai pas de noms, mais tout le monde ne s’inscrit pas toujours dans une dynamique collective saine. Au lieu de s’alarmer ou de regretter ces absences, il est parfois préférable de laisser les jeunes grandir ensemble. Si un ancien peut encore apporter quelque chose, à condition d’accepter les exigences et les méthodes du coach, alors son retour peut se justifier. Mais pour d’autres, il faut savoir tourner la page.

On entend souvent dire qu’il faudrait rappeler Vincent Aboubakar ou Ngadeu. Ce sont des joueurs qui ont servi le pays et leur engagement ne peut être remis en cause. Mais, à mon sens, ce n’est pas forcément la solution aujourd’hui. Il vaut mieux laisser ce groupe continuer à travailler tel qu’il est. S’il y a une réelle nécessité, pour un ou deux joueurs précis, il faut laisser au coach le temps d’en juger lui-même. Pour ce qui est de la communication du président de la Fécafoot dans les vestiaires après l’élimination en quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations, je retiens une prise de parole responsable. Il ne fallait surtout pas faire de cette élimination une fin en soi, mais plutôt le début d’une nouvelle histoire, peut-être même d’une nouvelle génération. Ce discours avait pour objectif de remotiver les joueurs, de les galvaniser, de leur faire comprendre que, même sans titre, ils n’avaient pas totalement déçu.

Ils sont attendus demain sur de meilleures performances. Inutile de s’attarder sur l’arbitrage ou d’alimenter des polémiques stériles. Des erreurs d’arbitrage, il y en a toujours eu. Tout le monde a vu le match. Revenir sans cesse sur cela ne construit rien. D’ailleurs, après ce discours du président de la fédération, on a constaté en conférence de presse une attitude mesurée : peu d’émotion excessive, pas de dérapage, pas d’acharnement contre les arbitres. Les joueurs sont restés lucides et concentrés.

Au Cameroun, lorsqu’un message est donné, il faut éviter de le saboter par des discours contradictoires. Inutile de parler de scandale ou de chercher à tout déconstruire. Il faut désormais se rassembler et travailler. Enfin, concernant les discours tenus dans les vestiaires, il n’y a rien d’anormal à cela. Que ce soit Samuel Eto’o ou d’autres dirigeants, de nombreux présidents de fédération ont déjà pris la parole devant leurs équipes. On l’a vu ailleurs, notamment avec le Mali. Cela fait partie de la vie d’un groupe et de la gestion d’un moment sensible. »

Propos retranscrits par C.T.

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