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Hématologie : La sécurité transfusionnelle au banc d’essai à Yaoundé

Pendant trois jours, chercheurs, cliniciens et biologistes passeront au crible les pratiques et les failles du système sanguin, avec l’ambition de transformer durablement la gestion des transfusions.

La deuxième édition des Journées nationales d’hématologie a été lancée hier, 24 novembre 2025, à Yaoundé. Avec pour thème « La sécurité transfusionnelle au Cameroun », l’événement ambitionne de transformer durablement les pratiques et la gestion du sang. Durant trois jours, plus de trois cents spécialistes venus du pays, du continent et d’ailleurs scrutent sans complaisance les failles d’un système vital mais trop souvent fragilisé, tout en mettant en lumière les avancées récentes portées par la Société camerounaise d’hématologie et de transfusion sanguine (Socahema). La cérémonie d’ouverture officielle, présidée au nom du ministre de la Santé publique (Minsante) par son représentant, a marqué l’un des moments forts de la première journée. « La sécurité transfusionnelle est un impératif sanitaire pour chaque citoyen », a martelé Dr Seh Kakanou Florence. Dès cette ouverture, la Pr Mbanya Dora, présidente du comité d’organisation, a rappelé l’urgence d’une approche résolument scientifique et structurée pour limiter les risques infectieux et immunohématologiques liés à la transfusion sanguine.

Dans une atmosphère studieuse mais animée, chercheurs, cliniciens et biologistes ont convergé vers une même conviction : la sécurité transfusionnelle n’est plus un simple enjeu technique, mais un défi de santé publique majeur, à un moment où les besoins en sang croissent plus vite que les capacités de collecte et de contrôle. Créée en 2014, la Socahema entend profiter de cette rencontre pour élargir le cercle des acteurs engagés. En filigrane des échanges, les participants perçoivent la volonté de l’organisation de renforcer sa place dans le paysage médical camerounais, forte déjà de recommandations nationales reconnues sur les anémies, les lymphomes ou l’hémophilie. L’événement de Yaoundé apparaît ainsi comme une étape stratégique pour consolider les acquis et guider les pratiques dans un environnement où les exigences de qualité et de traçabilité deviennent incontournables.

Plan d’action sanitaire de 2026

L’édition 2025 revêt aussi une dimension politique assumée. Les attentes exprimées à l’égard des autorités sont claires : un appui institutionnel renforcé au système transfusionnel et l’intégration des recommandations issues du congrès dans le plan d’action sanitaire de 2026. Les cliniciens, quant à eux, sont appelés à appliquer strictement les normes techniques et à collaborer davantage avec les services de transfusion. Les journalistes, enfin, sont invités à s’approprier la mission de sensibilisation des populations, dans un pays où le don de sang demeure marqué par les réticences et les urgences de dernière minute. Dans les couloirs du Cercle municipal de l’hôtel de ville de Yaoundé, les conversations se poursuivent tard dans la soirée.

La diversité des expertises du laboratoire aux blocs opératoires, des universités aux services de transfusion donne à l’événement une densité rare. Beaucoup s’accordent à dire que ces journées ne seront utiles que si elles débouchent sur des engagements concrets, mesurables, capables de transformer en profondeur le parcours du sang au Cameroun. Les participants savent donc que les heures à venir seront décisives. Entre conférences, ateliers et discussions informelles, l’ambition est bien d’esquisser les contours d’un système transfusionnel plus sûr, plus performant et pleinement aligné sur les standards internationaux. Hier, l’ouverture a lancé le débat. Aujourd’hui, le travail commence.

Axel ABANDA

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