
Aligné pour la première fois avec les « Lions de la Teranga » face à Kenya national football team en amical hier, Ibrahim Mbaye s’est offert une entrée tonitruante : deux passes décisives et provoqué le penalty qui aura scellé la victoire écrasante du Sénégal 8-0. Le jeune attaquant franco-sénégalais de 17 ans confirme déjà tout le bien que l’on pensait de lui.
Son nom résonne désormais dans l’arène internationale. À 17 ans à peine, Ibrahim Mbaye a foulé la pelouse – titularisé – hier soir en amical face au Kenya, et dès les premières minutes il a imposé son empreinte sur le jeu. Il n’a pas attendu pour marquer son territoire : en première mi-temps, il a perce la défense adverse d’un croc-en-jambe, déclenchant une faute qui se transforma en penalty logiquement accordé aux Lions. Un tournant dans la rencontre, un signal fort lancé à ses nouveaux coéquipiers et à l’encadrement technique.
Sous le sillage d’une confiance brutale, Mbaye a ensuite offert une première passe décisive en combinant avec un compère dans l’axe, avant d’enchaîner d’un appel tranchant sur le flanc et d’adresser une seconde passe qui vit le ballon glisser devant le but avant d’être repris victorieusement. En moins d’une heure de jeu, il avait déjà transformé cette titularisation en scène de révélation. Le décor était posé : ce garçon est un phénomène en devenir. Il ne ronronne pas, il bouscule. Il ne se contente pas d’être à son poste, il crée, il provoque, il interroge.
Une révélation aux racines assumées
Né à Trappes, en France, d’un père sénégalais et d’une mère marocaine, Mbaye a grandi dans l’ombre des grandes ambitions et des terrains de banlieue. Formé dès son plus jeune âge au Paris Saint‑Germain, il a franchi les paliers un à un, jusqu’à choisir en novembre 2025 de porter le maillot de la sélection sénégalaise. Ce geste atteste non seulement d’un attachement profond à ses origines, mais aussi de son désir de porter un rêve collectif. Ce soir, il l’a fait. Il ne s’est pas contenté de débuter : il a imposé son style, sa vision, son tempo. Sur le terrain, ses qualités sautent aux yeux : une rapidité d’exécution, des appels intelligents, un œil pour le jeu long et pour l’espace libre, un sens du dribble simple mais efficace. Il a ce petit quelque chose que l’on repère quand un joueur sait qu’il a le coup d’avance. Face au Kenya, il a incarné ce rôle naturellement : il ne cherchait pas à en faire trop, mais à faire juste, à faire bien.
Un avenir à tracer, un instant à savourer
Le match contre le Kenya restera gravé dans sa mémoire, et probablement dans celle des supporters sénégalais. Deux passes décisives, un penalty provoqué, une apparition qui ne s’oublie pas : pour un premier cap en tant que titulaire, difficile d’imaginer meilleure carte de visite. Le système de jeu du sélectionneur, le soutien des vétérans, tout cela lui a offert l’arène ; à lui d’en faire sa scène. Mais au-delà du talent pur, c’est la dimension humaine qui frappe : humble, concentré, déterminé. Il évoquait récemment l’honneur d’être aux côtés de figures comme Kalidou Koulibaly ou Sadio Mané, de porter ce maillot avec fierté. Ce soir, il a prouvé qu’il ne venait pas pour l’observer : il était là pour participer, pour peser, pour décider.
L’avenir s’ouvre à lui comme une invitation : la Can, la Coupe du monde, les grands d’Europe, tout cela peut être au rendez-vous. Mais avant cela, il y a ces premiers pas à consolider, cette confiance à entretenir et cette soirée à célébrer. Car Mbaye a répondu présent. Il a fait taire les doutes. Il a allumé la mèche. Et si cette nuit n’était que la première page d’un long chapitre, alors l’histoire a déjà commencé en beauté.
M.B.



