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Jeux de la solidarité islamique: Nora Atim Monie, la reine du cercle à Riyad

Alors que la 6e édition des jeux de la solidarité islamique livre sa copie, la lanceuse de disque offre au Cameroun son premier sacre en or tandis que les autres médaillés prolongent l’éclat d’une délégation camerounaise résolument conquérante.

A Riyad, dans l’arène du King Fahd Stadium, le disque de Nora Atim Monie a dessiné une trajectoire qui restera gravée dans l’histoire du sport camerounais. Avec un lancer de 57,04 m, la spécialiste du cercle a décroché la médaille d’or et propulsé le Cameroun au sommet des 6èmes Jeux de la Solidarité Islamique, confirmant la montée en puissance d’une athlète dont le parcours entre les États-Unis, l’Afrique et les plus grandes compétitions mondiales n’a cessé de se construire dans la rigueur et l’ambition. Autour de cette victoire éclatante, Essomba Lorina Dorothée et Emmanuel Eseme Alobwede ont, eux aussi, porté haut le drapeau en ramenant deux médailles de bronze qui complètent un tableau riche en promesses.

Nora, un geste parfait pour un moment d’éternité

Riyad s’est figée l’espace d’un instant, juste après l’impact du disque. Au moment précis où Nora Atim Monie, installée dans son cercle, a libéré ce mouvement qui combine puissance des hanches, vitesse de bras et ancrage du tronc, le silence du stade s’est transformé en clameur. Son jet de 57,04 m n’est pas seulement une performance, c’est un manifeste technique, une signature d’élite dont la pureté rappelle pourquoi le Cameroun la considère déjà comme l’une de ses athlètes les plus prometteuses. Le parcours de Nora est pavé d’étapes exigeantes, depuis les installations de l’Université de Houston jusqu’aux podiums africains, francophones et internationaux. Elle a déjà glané l’or à Kinshasa lors des Jeux de la Francophonie 2023, battu le record national du disque avec un retentissant 61,33 m à Douala, participé aux Mondiaux de Tokyo 2025 et multiplié les concours de haut niveau qui ont renforcé sa musculature technique et sa capacité à livrer la bonne performance au bon moment. Sa médaille d’or à Riyad n’est donc pas une surprise mais plutôt l’aboutissement logique d’une progression marquée par la discipline, la précision et cette volonté de repousser constamment ses limites.

Une délégation soudée autour de l’or et des brasiers de bronze

Si l’or brille pour Nora, le Cameroun a également vibré pour deux autres médailles venues rappeler que la nouvelle génération d’athlètes avance ensemble, main dans la main, malgré la diversité des disciplines. Essomba Lorina Dorothée, en escrime, a arraché un bronze précieux au bout d’un parcours où la tactique, la vitesse de pointe et la maîtrise du geste ont été décisives. Chaque assaut, chaque parade et chaque allonge ont contribué à cette médaille qui ouvre une fenêtre nouvelle sur une discipline encore en construction au Cameroun mais où le potentiel, désormais visible, ne demande qu’à être renforcé. Dans un autre registre, Emmanuel Eseme Alobwede, l’un des visages forts de l’athlétisme camerounais, a également décroché le bronze, confirmant une constance qui lui vaut déjà un statut de référence dans le sprint continental. Ces médailles, obtenues dans des environnements techniques exigeants, témoignent de l’élan collectif d’une sélection qui, malgré quelques déceptions comme la finale du triple saut où les Camerounaises Anne Suzanna Fosther et Véronique Kossenda ont buté aux portes du podium, regarde désormais chaque compétition internationale avec l’appétit des grandes nations sportives.

Vers un horizon plus vaste, nourri d’ambition et de progrès

Cette médaille d’or ouvre une ère où le Cameroun peut se projeter avec davantage de confiance. Car Nora Atim Monie symbolise cette dynamique ascendante : une athlète qui a déjà goûté aux mondiaux, qui détient un record national, qui commande le respect sur le continent et qui, à force d’améliorations techniques, pourrait titiller les finales mondiales dans un avenir proche. En visant des performances au-delà de 62 ou 63 mètres, elle peut transformer son nom en référence internationale et poursuivre ce rôle de modèle pour les jeunes talents des disciplines de lancer, longtemps effacées dans l’écosystème sportif camerounais. À Riyad, elle n’a pas simplement remporté une médaille. Elle a ouvert une voie. Celle où les ambitions se renforcent, où les structures doivent suivre, où le Cameroun peut se rêver plus grand. Avec cette délégation qui avance sans bruit mais avec certitude, Riyad 2025 n’est peut-être que le point de départ d’un récit plus vaste, construit sur l’effort, la persévérance et l’éclat d’une génération qui ne demande qu’à s’affirmer.

Moustapha BACHIROU

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