
Nouvellement porté à la tête de la filière de Kinésithérapie et kinésithérapie du sport à l’Institut supérieur de technologie médicale (Istm) de Yaoundé, le Pr Bissou Mahop, l’un des précurseurs de la discipline au Cameroun, a pour mission de former la relève.
La kinésithérapie du sport est bien plus qu’une simple spécialité ; c’est une discipline en pleine révolution qui redéfinit l’accompagnement des sportifs. Autrefois cantonné à la gestion des blessures, le kinésithérapeute sportif est désormais un maillon indispensable des staffs techniques, contribuant activement à allonger la carrière des athlètes. Son rôle commence bien avant la lésion, par un travail préventif fondé sur une évaluation biomécanique approfondie. Cette analyse permet d’identifier les déséquilibres posturaux ou les défauts techniques susceptibles d’engendrer des traumatismes. Des programmes personnalisés de renforcement et de proprioception sont ensuite élaborés, pouvant réduire jusqu’à 50 % le risque de blessures dans certains sports, selon des études citées par des spécialistes. Cette démarche proactive est cruciale, sachant que 80 % des athlètes suivant un tel programme observent une diminution significative des incidents musculosquelettiques.
L’expertise du kiné du sport ne s’arrête pas à la prévention. Elle est également déterminante pour optimiser la performance pure. Par des techniques de thérapie manuelle sophistiquée, des mobilisations articulaires et des exercices fonctionnels, il améliore la mobilité, la stabilité dynamique et la coordination neuromusculaire des sportifs. Des recherches indiquent que l’amélioration de ces qualités fonctionnelles par un kinésithérapeute spécialisé peut augmenter les performances de 8 à 15 % selon les disciplines. En rééducation, son intervention est tout aussi décisive. Grâce à un arsenal thérapeutique varié comprenant l’échographie, l’électrothérapie ou des exercices de rééducation ciblés, il assure un retour au terrain rapide et sécurisé. Les résultats parlent d’eux-mêmes : 68 % des athlètes bénéficiant de programmes de rééducation individualisés ont moins de récidives, et 85 % des patients atteints de tendinopathie achilléenne constatent une amélioration grâce à des exercices spécifiques .
La formation, pierre angulaire d’une médecine sportive d’excellence
C’est dans ce contexte que la nomination du Pr Josué Bissou Mahop à la tête de la filière de kinésithérapie du sport de l’Istm de Yaoundé prend tout son sens. Ce chirurgien traumatologue, décrit comme « l’autorité de cette discipline au Cameroun », ne fait pas que diriger ; il incarne un engagement de longue haleine pour la promotion de la médecine du sport dans son pays. On lui doit notamment la formation et la graduation de la première cuvée de médecins du sport au Cameroun en 2021, après 24 mois de spécialisation. Son parcours, jalonné de postes à responsabilité au sein d’associations et de comités dédiés, démontre une vision claire : doter le Cameroun de ressources humaines compétentes et disponibles pour accompagner ses athlètes. Sa feuille de route à l’Istm est sans équivoque : implémenter une formation efficace pour que la kinésithérapie du sport, dont un promoteur estime qu’elle contribue à hauteur de 60 % à la qualité des performances, bénéficie pleinement à la communauté nationale.
Cette vision camerounaise s’inscrit dans une tendance globale où la médecine du sport est devenue multidisciplinaire, alliant technologie de pointe et approche individualisée. Les centres de référence, comme l’Hôpital de La Tour qui en a témoigné à l’occasion de ses 30 ans, combinent désormais l’excellence clinique, l’innovation et la concertation entre divers experts – des physiothérapeutes aux psychologues du sport – pour offrir une prise en charge globale . La formation des kinésithérapeutes du sport suit cette exigence. Elle repose sur un parcours exigeant, incluant après le diplôme d’État des diplômes Universitaires (DU) et des certifications en thérapie manuelle spécifique, le tout encadré par des sociétés savantes comme la Société Française de Kinésithérapie du Sport (Sfks). Le congrès scientifique sur la médecine du sport annoncé à l’Istm pour fin novembre 2025 sera sans doute une nouvelle pierre apportée à cet édifice en perpétuelle construction, où l’expertise du Pr Bissou Mahop rencontrera les avancées internationales pour former les artisans de la performance sportive de demain.
Pr Josué Bissou Mahop, Coordonnateur de la filière de kinésithérapie et kinésithérapie du sport de l’Istm
« Former en donnant des orientations précises »
« On doit se former pendant deux ans pour avoir la capacitation de kinésithérapeute. Ce qui permet de pouvoir mieux prendre en charge les athlètes, de faciliter leur récupération, de minimiser les cas de malaises sur les aires de jeu. Parce qu’ils interviennent en première ligne pour les gestes de premiers secours. Le kinésithérapeute est aussi important pour les sports de loisirs. Il n’est pas simplement celui-là qui se trouve auprès des athlètes mais sans aucune mission. Il doit avoir un cahier de charge. Il est fonction de la discipline et de l’orientation qui la bénéficie. A l’Istm, nous commets déjà à l’écroche des formes. C’est un premier pas. Ils officient au sein de certains clubs notamment le Tic mandarin. Nous voulons être la promotion de la discipline soit faite dans l’excellence et dans la complexion. La performance passe par les codes, il faut les respecter. Pour les étudiants les compétences prioritaires sont non pas seulement celles de la biologie sanitaire, parce qu’il faut des laboratoires pour un puiser la recherche ; la biologie clinique est une priorité. La kinésithérapie aussi, non pas seulement affectée aux sportifs mais aussi affectés aux sujets de premier et troisième âge. Il faut former les kinés thérapeutiques en leur donnant des notions, orientations bien précises pour être utiles à la société et à toutes les couches qui pratiquent l’activité sportive. »
Propos recueillis par M.B.



